Samedi 11 avril 2009

Pâques 2009

Chronique du père Serge Cimeau 

Ceux qui ont fredonné la chanson-thème du Congrès Mondial Acadien auront reconnu le titre de ma chronique pascale. Dans le refrain de sa chanson, Daniel Léger utilise de belles images qui appartiennent au trésor symbolique de l’humanité et de la culture judéo-chrétienne. Il parle de retrouvailles « par la force de l’amour ». Et les circonstances de ces retrouvailles sont celles que je souhaite non seulement pendant le Congrès, mais aussi pour un matin de Pâques : pour célébrer Pâques cette année, j’aimerais me retrouver « debout sur un quai ensoleillé ».

 

Debout

 

Les premiers chrétiens n’ont pas trouvé mieux que la position verticale pour parler de la résurrection. Jean parle de la résurrection comme le fait de se « relever d’entre les morts » (Jn 20, 9). Dit simplement, la résurrection, c’est Jésus qui se remet debout; mieux encore, c’est Jésus qui se fait mettre debout par le Père en qui Il a mis sa foi. C’est alors normal que cette position évoque la pleine possession de ses moyens et la solennité : on se tient debout pour faire un serment, pour professer notre foi, pour entendre l’Évangile ou pour engager notre vie dans le mariage ou la vie consacrée.

 

La résurrection du Christ est une incitation pour nous de sortir de notre sommeil de se remettre debout. Ou plutôt, de se relever grâce à Celui qui nous tend la main et qui accepte de faire avec nous une partie du chemin. Seul, il peut s’avérer difficile de rester debout, mais lorsqu’on accepte son invitation « Venez à moi vous qui peinez sous la charge », on peut marcher d’un pas léger et confiant.  Parce que la résurrection ne concerne pas seulement la vie après la mort, mais la vie en abondance ici-bas. La résurrection, cette œuvre qui dépasse tout entendement, est peut-être finalement ce qui permet à notre foi, et à nos vies, de tenir debout malgré tout.

 

Sur un quai

 

Se retrouver sur un quai en Acadie à cette période de l’année, c’est être en présence d’un symbole si puissant pour évoquer la vie depuis les origines : l’eau. Et peut-être davantage pour le peuple acadien, l’eau est un élément qui fait vivre. Lorsque la neige blanche sur la glace fait place au bleu de la mer, on sent la vie reprendre. Non seulement sur nos quais, mais aussi dans nos villages côtiers.

 

Nous savons, à la vue de l’eau de la mer, que les pêcheurs prendront bientôt le large pour rapporter sur nos côtes le gagne-pain de plusieurs familles. Nous savons aussi que l’eau qui va rouler sur nos plages va attirer chez-nous des touristes pour animer nos centres-villes et nos festivals. Nous savons aussi que l’eau va permettre à la vie de germer et de produire du fruit : les jardins seront irrigués et les ruisseaux vont se remettre à faire chanter les fleurs sur leurs abords. Il n’est pas étonnant que l’eau soit associés à la Vie nouvelle du Ressuscité et qu’elle soit bénie en cette nuit pascale pour faire renaître à une vie nouvelle ceux qui passent à travers les eaux du baptême.

 

Ensoleillé

 

Et pour que le matin de Pâques soit sans failles, comment ne pas souhaiter qu’il soit ensoleillé? Le soleil! Le soleil! Lorsqu’il manque en hiver, certains sont prêts à faire des kilomètres pour en profiter et se prélasser sur une plage. Tous, nous retrouvons des énergies nouvelles lorsque le Monsieur (comme l’appelait mon père) brille et réchauffe. Aux premiers beaux jours du printemps, quel bonheur de s’exposer au soleil pour se laisser réchauffer de ses premiers rayons. Lorsque nous voyons le Christ comme le soleil, s’exposer au soleil c’est comme sentir l’amour divin pénétrer notre corps.

 

Même avant la civilisation romaine, les peuples antiques vénéraient le soleil comme une divinité : hélios était le symbole de l’intelligence, la personnification de la lumière et le dispensateur de la vie. Les Incas se considéraient même comme les enfants du soleil. Quant aux chrétiens, pour faire contrepoids au dieu romain du soleil, ils ont vu dans le Christ-ressuscité l’homme du soleil levant, le « soleil du salut », sol salutis. Il n’est pas étonnant que le premier jour de la semaine qui commémora la résurrection a reçu le nom de « jour du Soleil ». Les anglais ont gardé cette appellation avec leur Sunday.

 

Aujourd’hui, même si nous continuons à dire que le soleil se lève et se couche (Qo 1, 4-5), nous savons que c’est la terre qui tourne autour du soleil. Cette théorie copernicienne parle aussi symboliquement de notre position par rapport à Dieu : nous, nous sommes en mouvement et tournons constamment; Lui, Il est immuable. Le Christ illumine les ténèbres, dissipe la brume et enveloppe de sa douce lumière. De plus, Il consume en nous tout ce qui peut empêcher la lumière de faire son œuvre et de passer. Ainsi, nous pouvons devenir lumière pour les autres. Ne disons-nous pas de quelqu’un qui vient nous apporter espoir et joie qu’il est « le soleil de notre journée »?

 

Pâques, c’est le jour de la victoire de la lumière sur nos propres ténèbres intérieures à qui nous laissons la parole trop souvent. C’est le jour de la victoire de l’amour sur les ténèbres de la guerre et de la faim qui, hélas, obscurcissent le monde. Les signes de cette victoire sont discrets ici-bas, mais pour ceux qui connaissent les secrets de Dieu, ils tendent vers leur accomplissement. À cause de cette espérance pleine d’immortalité, je souhaite, comme Daniel Léger le fait dans la finale de sa chanson-thème : à l’occasion de Pâques, « Que sonnent plus fort les carillons d’Acadie »!

 

 

Écouté en boucle la chanson-thème du CMA : Enfin retrouvés, par la force de l’amour. Encore debout sur un quai ensoleillé. Depuis la grande marée, nous attendions ce jour. Que sonnent plus fort, les carillons de Grand-Pré.

 

Encouragé quelques bourgeons à poindre. Je leur ai dit que les feuilles qu’ils vont faire éclore, et qui vivent le temps d’une saison, ne pouvaient choisir meilleure année pour venir au monde. Elles seront témoins des grandes retrouvailles de la famille acadienne. La sinécure que se permet la nature cette année me parle de résurrection

 

Aperçu la pleine lune danser dans les arbres jeudi soir dernier. Si Pâques est célébré demain, c’est à cause ce cette sœur la lune : le dimanche qui suit la première pleine lune du printemps (après le 21 mars), les catholiques romains célèbrent la fête de Pâques.

 

Prié le Benedictus pour que ceux qui habitent les ténèbres puissent être illuminés et pour que nous soyons conduits au chemin de la paix « grâce à la tendresse de notre Dieu, quant nous visite l’Astre d’en haut». (Lc 2).

 

Appris par cœur la merveilleuse acclamation que le Rituel Romain propose au moment d’allumer le cierge pascal : « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit. »

 

Marché jusqu’au bout du quai de Néguac. Avec imagination, j’ai pu voir facilement l’église Sainte-Anne de Burnt Church de l’autre côté de l’Ile-aux-Foins. Lieu de départs et de retours, le quai est pour nous ce que mon cœur est pour mon Dieu : le lieu des grandes retrouvailles. Debout sur un quai ensoleillé, ce jour des retrouvailles est enfin arrivé : Il est ressuscité! Joyeuses retrouvailles!

 

Par Dugas - Publié dans : Actualité religieuse - Communauté : L'Acadie
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Vendredi 10 avril 2009

Lecture, Luc 23,  33-49 :  .

 

Seigneur te voilà rendu au moment suprême, le moment qui va résumer tout ta vie , toute la raison de ton existence; la fidélité à toi-même, à la mission que ton Père t’avait confiée. Ton impuissance devant les derniers moments parce que tu as été fidèle. Tu es là suspendu au bois de la croix, il n’y a plus de possibilité de revenir en arrière. Tu aurais cependant pu vivre ces moments dans la révolte mais tu les as vécu dans l’acceptation. Toi, le Seigneur, le Maître, tu n’as pas refusé de mourir comme un homme, tu as assumé ta condition humaine jusqu’à la fin. Quand tu es interpellé par ces paroles «si tu es le roi des Juifs, sauves-toi toi-même » tu n’est pas intervenu justement parce que tu étais non seulement le roi des Juifs mais le roi de toutes les nations et que tu devais vivre ces moments pour être glorifié par ta résurrection et le moment de te manifester comme roi n’était pas encore venu. Tu devais passer par cette mort pour arriver à la résurrection.

 (Verrière: Edmond Thériault)

 

Prière

 

Seigneur, Toi qui as accepté la mission du Père,

Toi qui s’es incarné dans la condition de l’homme,

Toi qui as  vécu au jour le jour la vie des humains de ton temps,

Toi qui chaque jour as été fidèle à toi-même

Et qui s’es  révélé aux plus petits plutôt qu’aux puissants,

 Tu es mort sur la croix pour être ressuscité par la puissance  de l’Esprit

Et non par ta propre puissance

 

Fais qu’à ta suite, je puisse accepter de vivre la mission que tu m’as confiée,

D’accepter de la  vivre dans les défis du temps présent,

De la vivre dans la  fidélité à moi-même,

De Te retrouver dans les plus petits de ce monde,

D’accepter les croix qui s’offrent à moi

Afin qu’un jour  moi aussi je puisse ressusciter comme Tu l’a promis.

 

Amen!

 

 

 

 

 

Par Dugas - Publié dans : Réflexion biblique - Communauté : L'Acadie
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Mercredi 8 avril 2009

Lecture, Luc 7, 36-50 : La pécheresse pardonnée.

 

Seigneur, tu es là dans la  maison de Simon, le pharisien, je veux y entrer moi aussi comme Marie Madeleine, m’agenouiller devant Toi, te baigner les pieds de mes larmes, te demander pardon pour mes fautes. Mes fautes ne sont pas tellement des actions mais des manques de fidélité à ton amour, Toi qui m’offres à chaque instant ton amour et moi qui refuse de

l’accepter, qui me détourne de Toi, moi  qui fais comme si Tu n’existais pas. C’est cela mon péché, refuser l’alliance que Tu veux faire avec moi. Croire que je peux vivre sans ta présence. Pourtant Seigneur, je dis et je crois, que je t’aime mais je dois me reconnaître dans cette parole de Saint-Paul : «Le mal que je ne   veux pas faire, je le fais; le bien que je veux faire, je ne le fais pas.» C’est bien là ma condition d’homme pécheur. Ma plus grande faute est bien de ne pas toujours Te reconnaître comme mon Sauveur, de penser que par moi-même je peux faire mon salut alors que c’est par Ta mort et Ta résurrection que je suis sauvé. Tu m’offres gratuitement le plus beau cadeau que je puisse recevoir et je Te dis non, je n’en veux pas je vais faire moi-même. Comment  Seigneur, arriver à m’abandonner à Ton amour?

 

Prière

Seigneur, que ton Esprit m’accompagne,

Que ton amour soit pour moi source de joie et de pardon.

Comme Marie Madeleine, donne-moi la grâce de m’approcher

De Toi, de Te manifester mon désir d’être pardonné

D’accepter de me laisser aimer par Toi.

 

Seigneur, que ma prière s’élève vers Toi

Dans la louange et l’ action de grâce.

Que ma prière devienne larmes et parfum

Afin que j’accueille ton pardon.

 

Amen!

Par Dugas - Publié dans : Réflexion biblique - Communauté : L'Acadie
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Mardi 7 avril 2009

(Musique: 1ere Parole du Christ, Largo. Haydn)

 

Lecture, Marc 7, 31-37 : La guérison du sourd-bègue.

 

Seigneur, quand je regarde mon chemin, je constate que tu m’as mis à part, «à l’écart». Tu veux m’ouvrir les oreilles, tu veux délier ma langue et moi se peut-il que je demeure toujours fermé, silencieux comme sourd à ta Parole?  Toi qui est  le Dieu de grâce, le Dieu d’amour, Toi qui m’offre tout cela gratuitement, ce peut-il que je demeure toujours  fermé à ton action? Si c’est le cas redit ton «Ephphata» pour que s’ouvrent mes oreilles et que se délie ma langue. Que je reconnaisse en Toi le Dieu, Amour, celui qui m’offre gratuitement sa grâce.

 

 

Prière

Tu m’as mis à l’écart Seigneur, pour me parler davantage,

Délie ma langue pour qu’elle proclame ton amour,

 Ouvre mes oreilles pour  que j’entende ta voix.

 

Tu m’as mis à l’écart Seigneur, pour me dire ton amour,

Que tout mon être en soit imprégné,

Que tout en moi respire amour et grâce.

 

Tu m’as mis à l’écart Seigneur, pour que je te reconnaisse,

Ouvre tout mon être à ta présence,

Que je puisse dire : «Il a bien fait toutes choses…»

Il a fait entendre le sourd et parler le muet que j’étais.

 

Puisque par ta grâce Seigneur, j’entends ta voix

Et je parle clairement, fais que je proclame

Au milieu de mes frères et soeurs

Que tu es le Dieu de TENDRESSE et d’AMOUR

 

 

Amen!

Par Dugas - Publié dans : Réflexion biblique - Communauté : L'Acadie
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Lundi 6 avril 2009
(Musique: Introduction aux sept Paroles du Christ)
Avec le dimanche des Rameaux commence la semaine Sainte. Temps de réflexion pour les chrétiens qui veulent bien méditer sur le mystère du salut du monde. Bonne semaine Sainte!

Monseigneur Émilius Goulet disait :

« The Church must always be new.

 It must be a servant Church adaptable to meeting the needs of the people.»

 

Notre Église doit  être une Église de service, capable d’adapter l’Évangile pour les gens d’aujourd’hui afin de répondre à leurs besoins. Elle doit se renouveler. Notre Église est eucharistique, la vraie eucharistie c’est se mettre au service les uns les autres.

 

Lecture, Jean 13, 1-17 : Le lavement des pieds.

 

Dans ce  récit du lavement des pieds, Jésus nous montre bien sa fidélité, jusqu’à la fin il est fidèle à lui-même. Tout au long de son enseignement et de son action Il a  défié les  règles de son temps. «Tu aimeras tes ennemis» exprime bien cette réalité. Ici dans ce récit Jésus, le  Maître,  devient le serviteur.  Il veut bien faire prendre conscience à ses apôtres et  nous faire comprendre qu’être son  disciple cela veut dire être au service des autres. Jean a perçu cette réalité et il l’exprime dans ce récit. Les autres évangélistes partent de la coutume de la Pâque chez les juifs pour en faire un repas, le repas eucharistique. Mais Jean, avec l’expérience qu’il a des communautés chrétiennes, veut bien   montrer que marcher à la suite de Jésus, que pour vraiment faire eucharistie, Église, il faut être tourné vers nos frères et sœurs, être au service.

 

 

Prière

 

Seigneur, Toi, le Maître, qui a accepté d’être au service,

Toi qui a été au service de l’homme et de la femme de ton temps,

Toi qui a donné à l’homme et à la femme la dignité

En les mettant au-dessus de la loi,

Donne-moi la force de suivre tes traces,

 de toujours mettre la personne en premier

peu importe ce qu’elle est, pauvre ou  riche,

forte ou faible .

 

Comme chrétiens, chrétiennes , comme Église,

Fais-nous comprendre que c’est la seule façon d’être tes disciples.

Que nos structures ne soient pas un obstacle à cette réalité,

Que nous comprenions que faire Église cela veut dire

Être au service les uns les autres.

 

Amen!

 

Par Dugas - Publié dans : Réflexion biblique - Communauté : L'Acadie
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