Samedi 11 avril 2009

Pâques 2009

Chronique du père Serge Cimeau 

Ceux qui ont fredonné la chanson-thème du Congrès Mondial Acadien auront reconnu le titre de ma chronique pascale. Dans le refrain de sa chanson, Daniel Léger utilise de belles images qui appartiennent au trésor symbolique de l’humanité et de la culture judéo-chrétienne. Il parle de retrouvailles « par la force de l’amour ». Et les circonstances de ces retrouvailles sont celles que je souhaite non seulement pendant le Congrès, mais aussi pour un matin de Pâques : pour célébrer Pâques cette année, j’aimerais me retrouver « debout sur un quai ensoleillé ».

 

Debout

 

Les premiers chrétiens n’ont pas trouvé mieux que la position verticale pour parler de la résurrection. Jean parle de la résurrection comme le fait de se « relever d’entre les morts » (Jn 20, 9). Dit simplement, la résurrection, c’est Jésus qui se remet debout; mieux encore, c’est Jésus qui se fait mettre debout par le Père en qui Il a mis sa foi. C’est alors normal que cette position évoque la pleine possession de ses moyens et la solennité : on se tient debout pour faire un serment, pour professer notre foi, pour entendre l’Évangile ou pour engager notre vie dans le mariage ou la vie consacrée.

 

La résurrection du Christ est une incitation pour nous de sortir de notre sommeil de se remettre debout. Ou plutôt, de se relever grâce à Celui qui nous tend la main et qui accepte de faire avec nous une partie du chemin. Seul, il peut s’avérer difficile de rester debout, mais lorsqu’on accepte son invitation « Venez à moi vous qui peinez sous la charge », on peut marcher d’un pas léger et confiant.  Parce que la résurrection ne concerne pas seulement la vie après la mort, mais la vie en abondance ici-bas. La résurrection, cette œuvre qui dépasse tout entendement, est peut-être finalement ce qui permet à notre foi, et à nos vies, de tenir debout malgré tout.

 

Sur un quai

 

Se retrouver sur un quai en Acadie à cette période de l’année, c’est être en présence d’un symbole si puissant pour évoquer la vie depuis les origines : l’eau. Et peut-être davantage pour le peuple acadien, l’eau est un élément qui fait vivre. Lorsque la neige blanche sur la glace fait place au bleu de la mer, on sent la vie reprendre. Non seulement sur nos quais, mais aussi dans nos villages côtiers.

 

Nous savons, à la vue de l’eau de la mer, que les pêcheurs prendront bientôt le large pour rapporter sur nos côtes le gagne-pain de plusieurs familles. Nous savons aussi que l’eau qui va rouler sur nos plages va attirer chez-nous des touristes pour animer nos centres-villes et nos festivals. Nous savons aussi que l’eau va permettre à la vie de germer et de produire du fruit : les jardins seront irrigués et les ruisseaux vont se remettre à faire chanter les fleurs sur leurs abords. Il n’est pas étonnant que l’eau soit associés à la Vie nouvelle du Ressuscité et qu’elle soit bénie en cette nuit pascale pour faire renaître à une vie nouvelle ceux qui passent à travers les eaux du baptême.

 

Ensoleillé

 

Et pour que le matin de Pâques soit sans failles, comment ne pas souhaiter qu’il soit ensoleillé? Le soleil! Le soleil! Lorsqu’il manque en hiver, certains sont prêts à faire des kilomètres pour en profiter et se prélasser sur une plage. Tous, nous retrouvons des énergies nouvelles lorsque le Monsieur (comme l’appelait mon père) brille et réchauffe. Aux premiers beaux jours du printemps, quel bonheur de s’exposer au soleil pour se laisser réchauffer de ses premiers rayons. Lorsque nous voyons le Christ comme le soleil, s’exposer au soleil c’est comme sentir l’amour divin pénétrer notre corps.

 

Même avant la civilisation romaine, les peuples antiques vénéraient le soleil comme une divinité : hélios était le symbole de l’intelligence, la personnification de la lumière et le dispensateur de la vie. Les Incas se considéraient même comme les enfants du soleil. Quant aux chrétiens, pour faire contrepoids au dieu romain du soleil, ils ont vu dans le Christ-ressuscité l’homme du soleil levant, le « soleil du salut », sol salutis. Il n’est pas étonnant que le premier jour de la semaine qui commémora la résurrection a reçu le nom de « jour du Soleil ». Les anglais ont gardé cette appellation avec leur Sunday.

 

Aujourd’hui, même si nous continuons à dire que le soleil se lève et se couche (Qo 1, 4-5), nous savons que c’est la terre qui tourne autour du soleil. Cette théorie copernicienne parle aussi symboliquement de notre position par rapport à Dieu : nous, nous sommes en mouvement et tournons constamment; Lui, Il est immuable. Le Christ illumine les ténèbres, dissipe la brume et enveloppe de sa douce lumière. De plus, Il consume en nous tout ce qui peut empêcher la lumière de faire son œuvre et de passer. Ainsi, nous pouvons devenir lumière pour les autres. Ne disons-nous pas de quelqu’un qui vient nous apporter espoir et joie qu’il est « le soleil de notre journée »?

 

Pâques, c’est le jour de la victoire de la lumière sur nos propres ténèbres intérieures à qui nous laissons la parole trop souvent. C’est le jour de la victoire de l’amour sur les ténèbres de la guerre et de la faim qui, hélas, obscurcissent le monde. Les signes de cette victoire sont discrets ici-bas, mais pour ceux qui connaissent les secrets de Dieu, ils tendent vers leur accomplissement. À cause de cette espérance pleine d’immortalité, je souhaite, comme Daniel Léger le fait dans la finale de sa chanson-thème : à l’occasion de Pâques, « Que sonnent plus fort les carillons d’Acadie »!

 

 

Écouté en boucle la chanson-thème du CMA : Enfin retrouvés, par la force de l’amour. Encore debout sur un quai ensoleillé. Depuis la grande marée, nous attendions ce jour. Que sonnent plus fort, les carillons de Grand-Pré.

 

Encouragé quelques bourgeons à poindre. Je leur ai dit que les feuilles qu’ils vont faire éclore, et qui vivent le temps d’une saison, ne pouvaient choisir meilleure année pour venir au monde. Elles seront témoins des grandes retrouvailles de la famille acadienne. La sinécure que se permet la nature cette année me parle de résurrection

 

Aperçu la pleine lune danser dans les arbres jeudi soir dernier. Si Pâques est célébré demain, c’est à cause ce cette sœur la lune : le dimanche qui suit la première pleine lune du printemps (après le 21 mars), les catholiques romains célèbrent la fête de Pâques.

 

Prié le Benedictus pour que ceux qui habitent les ténèbres puissent être illuminés et pour que nous soyons conduits au chemin de la paix « grâce à la tendresse de notre Dieu, quant nous visite l’Astre d’en haut». (Lc 2).

 

Appris par cœur la merveilleuse acclamation que le Rituel Romain propose au moment d’allumer le cierge pascal : « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit. »

 

Marché jusqu’au bout du quai de Néguac. Avec imagination, j’ai pu voir facilement l’église Sainte-Anne de Burnt Church de l’autre côté de l’Ile-aux-Foins. Lieu de départs et de retours, le quai est pour nous ce que mon cœur est pour mon Dieu : le lieu des grandes retrouvailles. Debout sur un quai ensoleillé, ce jour des retrouvailles est enfin arrivé : Il est ressuscité! Joyeuses retrouvailles!

 

Par Dugas - Publié dans : Actualité religieuse - Communauté : L'Acadie
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Vendredi 10 avril 2009

Lecture, Luc 23,  33-49 :  .

 

Seigneur te voilà rendu au moment suprême, le moment qui va résumer tout ta vie , toute la raison de ton existence; la fidélité à toi-même, à la mission que ton Père t’avait confiée. Ton impuissance devant les derniers moments parce que tu as été fidèle. Tu es là suspendu au bois de la croix, il n’y a plus de possibilité de revenir en arrière. Tu aurais cependant pu vivre ces moments dans la révolte mais tu les as vécu dans l’acceptation. Toi, le Seigneur, le Maître, tu n’as pas refusé de mourir comme un homme, tu as assumé ta condition humaine jusqu’à la fin. Quand tu es interpellé par ces paroles «si tu es le roi des Juifs, sauves-toi toi-même » tu n’est pas intervenu justement parce que tu étais non seulement le roi des Juifs mais le roi de toutes les nations et que tu devais vivre ces moments pour être glorifié par ta résurrection et le moment de te manifester comme roi n’était pas encore venu. Tu devais passer par cette mort pour arriver à la résurrection.

 (Verrière: Edmond Thériault)

 

Prière

 

Seigneur, Toi qui as accepté la mission du Père,

Toi qui s’es incarné dans la condition de l’homme,

Toi qui as  vécu au jour le jour la vie des humains de ton temps,

Toi qui chaque jour as été fidèle à toi-même

Et qui s’es  révélé aux plus petits plutôt qu’aux puissants,

 Tu es mort sur la croix pour être ressuscité par la puissance  de l’Esprit

Et non par ta propre puissance

 

Fais qu’à ta suite, je puisse accepter de vivre la mission que tu m’as confiée,

D’accepter de la  vivre dans les défis du temps présent,

De la vivre dans la  fidélité à moi-même,

De Te retrouver dans les plus petits de ce monde,

D’accepter les croix qui s’offrent à moi

Afin qu’un jour  moi aussi je puisse ressusciter comme Tu l’a promis.

 

Amen!

 

 

 

 

 

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Mercredi 8 avril 2009

Lecture, Luc 7, 36-50 : La pécheresse pardonnée.

 

Seigneur, tu es là dans la  maison de Simon, le pharisien, je veux y entrer moi aussi comme Marie Madeleine, m’agenouiller devant Toi, te baigner les pieds de mes larmes, te demander pardon pour mes fautes. Mes fautes ne sont pas tellement des actions mais des manques de fidélité à ton amour, Toi qui m’offres à chaque instant ton amour et moi qui refuse de

l’accepter, qui me détourne de Toi, moi  qui fais comme si Tu n’existais pas. C’est cela mon péché, refuser l’alliance que Tu veux faire avec moi. Croire que je peux vivre sans ta présence. Pourtant Seigneur, je dis et je crois, que je t’aime mais je dois me reconnaître dans cette parole de Saint-Paul : «Le mal que je ne   veux pas faire, je le fais; le bien que je veux faire, je ne le fais pas.» C’est bien là ma condition d’homme pécheur. Ma plus grande faute est bien de ne pas toujours Te reconnaître comme mon Sauveur, de penser que par moi-même je peux faire mon salut alors que c’est par Ta mort et Ta résurrection que je suis sauvé. Tu m’offres gratuitement le plus beau cadeau que je puisse recevoir et je Te dis non, je n’en veux pas je vais faire moi-même. Comment  Seigneur, arriver à m’abandonner à Ton amour?

 

Prière

Seigneur, que ton Esprit m’accompagne,

Que ton amour soit pour moi source de joie et de pardon.

Comme Marie Madeleine, donne-moi la grâce de m’approcher

De Toi, de Te manifester mon désir d’être pardonné

D’accepter de me laisser aimer par Toi.

 

Seigneur, que ma prière s’élève vers Toi

Dans la louange et l’ action de grâce.

Que ma prière devienne larmes et parfum

Afin que j’accueille ton pardon.

 

Amen!

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Mardi 7 avril 2009

(Musique: 1ere Parole du Christ, Largo. Haydn)

 

Lecture, Marc 7, 31-37 : La guérison du sourd-bègue.

 

Seigneur, quand je regarde mon chemin, je constate que tu m’as mis à part, «à l’écart». Tu veux m’ouvrir les oreilles, tu veux délier ma langue et moi se peut-il que je demeure toujours fermé, silencieux comme sourd à ta Parole?  Toi qui est  le Dieu de grâce, le Dieu d’amour, Toi qui m’offre tout cela gratuitement, ce peut-il que je demeure toujours  fermé à ton action? Si c’est le cas redit ton «Ephphata» pour que s’ouvrent mes oreilles et que se délie ma langue. Que je reconnaisse en Toi le Dieu, Amour, celui qui m’offre gratuitement sa grâce.

 

 

Prière

Tu m’as mis à l’écart Seigneur, pour me parler davantage,

Délie ma langue pour qu’elle proclame ton amour,

 Ouvre mes oreilles pour  que j’entende ta voix.

 

Tu m’as mis à l’écart Seigneur, pour me dire ton amour,

Que tout mon être en soit imprégné,

Que tout en moi respire amour et grâce.

 

Tu m’as mis à l’écart Seigneur, pour que je te reconnaisse,

Ouvre tout mon être à ta présence,

Que je puisse dire : «Il a bien fait toutes choses…»

Il a fait entendre le sourd et parler le muet que j’étais.

 

Puisque par ta grâce Seigneur, j’entends ta voix

Et je parle clairement, fais que je proclame

Au milieu de mes frères et soeurs

Que tu es le Dieu de TENDRESSE et d’AMOUR

 

 

Amen!

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Lundi 6 avril 2009
(Musique: Introduction aux sept Paroles du Christ)
Avec le dimanche des Rameaux commence la semaine Sainte. Temps de réflexion pour les chrétiens qui veulent bien méditer sur le mystère du salut du monde. Bonne semaine Sainte!

Monseigneur Émilius Goulet disait :

« The Church must always be new.

 It must be a servant Church adaptable to meeting the needs of the people.»

 

Notre Église doit  être une Église de service, capable d’adapter l’Évangile pour les gens d’aujourd’hui afin de répondre à leurs besoins. Elle doit se renouveler. Notre Église est eucharistique, la vraie eucharistie c’est se mettre au service les uns les autres.

 

Lecture, Jean 13, 1-17 : Le lavement des pieds.

 

Dans ce  récit du lavement des pieds, Jésus nous montre bien sa fidélité, jusqu’à la fin il est fidèle à lui-même. Tout au long de son enseignement et de son action Il a  défié les  règles de son temps. «Tu aimeras tes ennemis» exprime bien cette réalité. Ici dans ce récit Jésus, le  Maître,  devient le serviteur.  Il veut bien faire prendre conscience à ses apôtres et  nous faire comprendre qu’être son  disciple cela veut dire être au service des autres. Jean a perçu cette réalité et il l’exprime dans ce récit. Les autres évangélistes partent de la coutume de la Pâque chez les juifs pour en faire un repas, le repas eucharistique. Mais Jean, avec l’expérience qu’il a des communautés chrétiennes, veut bien   montrer que marcher à la suite de Jésus, que pour vraiment faire eucharistie, Église, il faut être tourné vers nos frères et sœurs, être au service.

 

 

Prière

 

Seigneur, Toi, le Maître, qui a accepté d’être au service,

Toi qui a été au service de l’homme et de la femme de ton temps,

Toi qui a donné à l’homme et à la femme la dignité

En les mettant au-dessus de la loi,

Donne-moi la force de suivre tes traces,

 de toujours mettre la personne en premier

peu importe ce qu’elle est, pauvre ou  riche,

forte ou faible .

 

Comme chrétiens, chrétiennes , comme Église,

Fais-nous comprendre que c’est la seule façon d’être tes disciples.

Que nos structures ne soient pas un obstacle à cette réalité,

Que nous comprenions que faire Église cela veut dire

Être au service les uns les autres.

 

Amen!

 

Par Dugas - Publié dans : Réflexion biblique - Communauté : L'Acadie
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Samedi 4 avril 2009

 

S’il y a un mot de nos jours qui est souvent utilisé, c’est bien le mot liberté. Nous voulons tous être libres, nous réclamons la liberté de parole, de conscience, de presse, d’action ou autres. Nous pouvons nous questionner à savoir ce que nous mettons sous ce mot. Il y a probablement autant de définitions qu’il y a de personnes à utiliser le mot liberté. Pour certains, la liberté veut dire ‘faire ce que l’on veut’.   Mais est-ce bien là le sens du mot liberté? Ce genre liberté devient alors esclavage parce qu’elle nous emprisonne dans nos caprices et nous rend instables.


(Toile: France Gionet) 

Il est évident que chacun de nous désirons être libres, mais cette liberté a un prix. Nous ne naissons pas libres, nous devons construire notre liberté. Nous devons arriver à nous libérer de nos déterminismes, ce que nous portons en nous, ce que nous avons apporté avec notre naissance. Se libérer veut dire accepter de se changer, accepter de renoncer à certaines choses, c’est laisser tomber nos chaînes intérieures. Cela veut dire s’assurer d’une certaine stabilité dans l’action, ne pas faire continuellement de nouveaux choix au hasard de la vie quotidienne. Un acte libre ne veut pas dire faire n’importe quoi sans tenir compte des autres. Devenir libre veut dire tenir compte des autres. Notre liberté s’exerce dans un milieu, famille, communauté, profession et dans un pays déterminé. La vraie liberté nous oblige à en tenir compte.

 

Certaines personnes paieront de leur vie la liberté recherchée. Nous avons beaucoup d’exemples dans l’histoire de l’humanité. Martin Luther King, Mgr Romero ont payé de leur vie pour obtenir la liberté et l’égalité pour leur peuple. Combien d’hommes et de femmes ont été torturés et emprisonnés pour avoir réclamé la liberté pour leurs familles et leurs proches? Cette lutte pour la liberté n’était pas pour leur profit personnel mais pour toute la collectivité. Ces hommes et ces femmes se sont battus pour la dignité de l’homme. S’ils sont allés jusqu’à là pour obtenir la liberté c’est parce que la liberté fait que les hommes et les femmes deviennent vraiment humains.

 

Jésus nous apparaît comme un homme totalement libre. Libre par rapport aux traditions et aux coutumes, libre des conflits des classes sociales, libre par rapport aux qu’en dira-t-on, libre face à la religion juive et à la loi. Mais quand Jésus prend des libertés ce n’est jamais pour lui, c’est toujours pour la dignité de l’homme. Il a accepté librement la mort, s’il avait accepté d’être infidèle à l’homme libre qu’il était, à son désir de libérer l’homme, il aurait évité la mort. C’est aussi à cause de sa liberté qu’il sera libéré de la mort. La semaine prochaine les chrétiens vivront la semaine sainte, cette semaine nous montre le chemin à prendre pour devenir véritablement libre.

 

«Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité Nelson Mandela

 

 

 

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Dimanche 29 mars 2009

 

 

Il y a de cela huit ans, mon appareil de lecteur CD est tombé en panne, un technicien m’a dit qu’il en coûterait trop cher pour le réparer. Je l’ai ramené à la maison et je l’ai remisé. Un jour en faisant du ménage je l’ai retrouvé, je l’ai ouvert et j’ai mis une petite goutte d’huile pénétrante dans le mécanisme. Je n’avais rien à perdre puisqu’il ne fonctionnait plus. Je l’ai essayé, rien, je l’ai laissé reposer un temps et merveille…il fonctionnait. Cela date de huit ans et il fonctionne toujours.

 

Il en est parfois comme cela dans la vie. Nous tombons en panne et ceux qui nous entourent disent qu’il n’y a rien à faire ou nous pensons qu’il n’y a plus rien à faire, pourtant il ne suffirait que d’une bonne parole d’encouragement, la petite goutte d’huile, pour nous remettre en marche. Certaines personnes diront que c’est le travail des professionnels de faire de la relation d’aide. Nous sommes tous d’accord pour dire que les professionnels ont des outils pour aider les personnes en situation de détresse. Cependant il ne faut pas minimiser l’apport que peut apporter un membre de la famille, un ami, un voisin qui est prêt à tendre l’oreille à la personne en détresse. L’important pour ces personnes qui veulent bien être une petite goutte d’huile pour l’autre est de se rappeler que ces personnes en détresse souvent ont simplement besoin d’une oreille attentive. Ces ne sont pas des conseils dont elles ont besoin, nul ne peut dire à l’autre quoi faire car nous ne sommes pas l’autre. Par contre quand l’autre se sent vraiment écouté il peut s’exprimer et en le faisant parfois il trouve lui-même la solution qu’il cherchait pour résoudre son problème. Les résultats ne se font pas toujours sentir immédiatement, mais avec le temps comme la petite goutte d’huile dans mon appareil de lecteur CD.

 

Notre vie spirituelle n’est pas différente de notre vie quotidienne. Nous tombons parfois en panne, il suffit d’une parole tirée des Écritures, d’une remarque d’un croyant pour nous remettre sur la route.

 

Comme chrétiens, soyons cette petite goutte d’huile et si nous sommes en panne espérons que nous rencontrerons cette petite goutte d’huile.

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Dimanche 22 mars 2009

 

Il faut quatre saisons pour faire une année, aucune ne peut se passer de l’autre. Il faut la splendeur de l’été, l’incendie de l’automne, le repos de l’hiver et l’espérance du printemps. Le 20 mars, c’est l’arrivée officielle du printemps, n’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller puisque le printemps est la saison de l’espérance? Mais pourquoi y aurait-il un temps spécial pour s’émerveiller, n’y aurait-il pas lieu de s’émerveiller à chaque jour puisque chaque saison a son charme particulier? N’y a-t-il pas dans notre quotidien de quoi s’émerveiller? Se pourrait-il que nous ayons perdu ce sens de l’émerveillement?

 

Pourquoi est-il si difficile de s’émerveiller, d’accueillir ce qui est beau, ce qui est grand comme ce qui est fragile? Si nous en sommes rendus là c’est que nous voulons tout rationaliser, tout expliquer au lieu de tout simplement se laisser porter par ce qui nous entoure. Pour pouvoir s’émerveiller il faut être amoureux de notre quotidien, sinon nous passerons à côté de tout ce qui est beau. Alors, au lieu  d’admirer les beautés qui nous entourent nous serons portés à voir ce qui est moins beau. S’émerveiller c’est voir l’invisible, c’est voir au-delà de ce qui est physiquement présent. Il faut être comme l’enfant qui ne questionne pas, mais qui se laisse tout simplement porter par ce qu’il voit. Il est donc important de laisser monter l’enfant qui est en nous, parce que quel que soit l’âge que nous ayons, l’enfant en nous est toujours présent.

 

Nous avons mille raisons de nous émerveiller, c’est le printemps qui arrive. Bientôt apparaîtront les premières fleurs, les bourgeons éclateront sous nos yeux. Saurons-nous simplement les contempler, saurons-nous laisser monter en nous ces sensations de bien-être que procurer le bruissement de l’eau qui coule d’un petit ruisseau ? Pourrons-nous faire taire en nous tous ces questionnements, toutes ces préoccupations quotidiennes pour simplement être là comme l’enfant devant la mare d’eau?

 

Nous ne devons pas seulement nous émerveiller devant les choses, nous devons aussi nous émerveiller devant les personnes. Chaque personne porte en elle de quoi nous émerveiller. Ce n’est pas devant son habillement ou sa coiffure que nous devons nous émerveiller, mais devant ce qu’elle est. S’émerveiller devant une personne, c’est lui donner le droit d’exister, c’est la rendre plus humaine.

 

‘Un homme qui admire, un homme qui s’émerveille, c’est un homme qui ne se limite plus à des choses matérielles…’ M. Zundel, L’humble Présence, p.30

 

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Vendredi 20 mars 2009

 (Mon ancien curé, un jeune prêtre que j'apprécie, publie chaque semaine une chronique dans L'Acadie Nouvelle. Je vous refille un de ses chroniques. Bonne lecture.)


Depuis le début de l’hiver, l’Église doit transiger avec des controverses. Ce qui fait dire à certains qu’elle traverse l’une des crises les plus aiguës de son histoire récente. Plusieurs d’entre vous m’ont fait part de leur incompréhension de cette crise. En tentant de résumer quelques-uns des enjeux de ces situations complexes (de plus en plus connus à cause de leur médiatisation), je voudrais vous donner mes raisons « d’espérer contre toute espérance » (Hé 11). Parce que je ne désespère pas : l’Église n’est pas le Titanic menacé de sombrer, mais une barque qui tangue face à des vents contraires, et qui revient toujours à bon port (comme elle l’a fait tant de fois depuis 2000 ans).

 

Espérer en Dieu

 

Première tempête de l’hiver : 25 janvier. Ce jour-là, dans un souci d’unité, Benoît XVI tend la main à un groupe d’évêques intégristes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X excommuniés en 1988. Parmi ces évêques, Mgr Williamson nie l'existence de la Shoah. C’est la première rafale! La deuxième : réintégrés au sein de l'Église, ces évêques ont réaffirmé leur opposition à l'esprit de Vatican II. Cela en a fait sursauter certains plusieurs! Benoît XVI a voulu calmer le tout il y une semaine avec une lettre à tous les évêques alléguant son ignorance du négationnisme de Williamson et sollicitant l’appui des évêques. Avec humilité, le pape a tendu la main une autre fois… cette fois à l’Église.

 

Cette situation est un appel à réveiller notre espérance à l’égard de l’Église post-conciliaire. Parce que l’espérance est niée par ceux qui souhaitent revenir en arrière et restaurer le passé : il s’agit là d’un manque de confiance en un Dieu toujours à l’œuvre. L’espérance est aussi mise de côté par ceux qui ont choisi de limiter leur action pastorale à la décroissance de services et de lieux d’Église : l’avenir de l’Église ne peut être prédit par des actuaires ou des consultants. Espérer, c’est comme se convertir, c’est-à-dire se tourner vers Dieu qui, mieux que le passé ou le présent, nous montre l’avenir.

 

La force tranquille du peuple

 

La tempête hivernale s’est ensuite déplacée au Brésil, le pays le plus catholique du monde. Tout le monde connaît l’histoire maintenant : l’excommunication de la mère d’une fillette de neuf ans et du corps médical qui a pratiqué l’avortement de deux jumeaux conçus lors d’un viol. De nombreuses personnes, y compris parmi les pratiquants, n’ont pas compris ce qui a motivé un jugement si sévère et ont voulu se désolidariser de ce jugement. Dans une lettre ouverte à l’archevêque de Recife, l’évêque de Nanterre en France a résumé les sentiments de plusieurs: « dans cette tragédie, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde. »

 

De nombreux prêtres et évêques d’ici et d’ailleurs se sont fait les porte-paroles des fidèles en exprimant leur incompréhension et leur désapprobation des propos de l’évêque brésilien, conscients que « la solidarité impose de dire ses désaccords, sinon elle ne serait que complicité. » Le Vatican a aussi entouré la fillette de tendresse et d’amour en disant : « Avant de penser à l'excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder la vie innocente de la fillette et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, hommes d'Église, devrions être experts et maîtres dans l'annonce. Cela n'a malheureusement pas été le cas, et la crédibilité de notre enseignement s'en ressent, qui apparaît aux yeux de beaucoup comme insensible, incompréhensible et sans aucune miséricorde. »

 

À cause de la prise de parole de plusieurs catholiques, d’évêques jusque-là anonymes et de nombreux observateurs, ce qui semblait clair pour l’archevêque de Recife a perdu de son évidence. Le mea culpa ne suffira peut-être pas à certains. Il est peut-être venu trop tard pour d’autres. Mais pour moi, il me donne une raison d’espérer dans la force tranquille des personnes. Au cours de l’histoire bimillénaire de l’Église, il y a toujours eu des personnes qui sont venues rappeler le message de Jésus le Christ. Ces personnes peuvent être méprisées par leur époque, non reconnus dans leur propre pays, mais elles ont la capacité de nous ramener à l’essentiel.

 

La patience au moment du printemps!

 

Au bout d’un long hiver, Benoît XVI se rend en Afrique pour poursuivre l’œuvre d’’évangélisation. Après avoir bâti des écoles et des églises, fondé des communautés religieuses et aidé à la formation d’un clergé local, la Mission continue pour que l’Évangile s’avance plus profondément dans les cœurs. Ce n’est pas que l’épiderme qui doit être touché. Nos leaders religieux ont réalisé cela avec le génocide rwandais. Le massacre a montré que l’horreur peut exister avec une pratique religieuse enviable (des fidèles actifs, des religieuses en grand nombre, des séminaires remplis, etc.). L’évangélisation des profondeurs doit se poursuivre, là-bas comme ici.

 

En terre de récentes « plantations d’Église », Benoît XVI sèmera des nouvelles pousses pour permettre un autre printemps de l’Église. Après un hiver rigoureux, l’espérance du semeur qui jette à grandes brassés le grain est nécessaire. Les nouvelles pousses ne pourront fleurir et porter du fruit sans notre consentement à la patience. En ce temps de carême, nous rappelons à notre conscience que la patience du semeur s’accompagne nécessairement de la croix. Voilà un autre lieu de mon espérance : pour croître et renaître, la vie a besoin de temps, de patience et d’épreuves dont Dieu est maître.

 

Cité cette phrase de Congar : « Ceux qui ne savent pas souffrir ne savent pas non plus espérer. À celui qui sait attendre, toutes choses finiront par être révélées, à condition qu’il ait le courage de ne  pas renier dans les ténèbres ce qu’il a vu dans la lumière. »

 

Appris d’un ami prêtre de l’Afrique que Benoît XVI était fort attendu là-bas et que son voyage réjoui les foules. Les Africains étaient habitués aux visites papales. Sur les 110 pays que Jean-Paul II a effectué pendant son pontificat, 40 ont été en Afrique. Il a profondément marqué ce continent qu’il affectionnait particulièrement.

 

Reçu les Actes du 49e Congrès Eucharistique International. On y trouve l’appel à l’espoir de la fondatrice d’une ONG visant la réconciliation entre Hutus et Tutsis, Marguerite Barankitsé: « Vous les Occidentaux, quand il n’y a pas de stratégies, de mécanismes et d’objectifs spéciaux, vous n’avancez pas. Vous voulez bien faire confiance en Dieu, mais il faut d’abord avoir des assurances, la sécurité pour au moins 100 ans. »

 

Relu le récit de la tempête apaisé dans les évangiles. Alors que la barque dans laquelle se trouvent les disciples est secouée et qu’ils périssent, ils interpellent Jésus. Si l’Église traverse les tempêtes, c’est bien parce que Quelqu’un d’autre est aux commandes.

 

Prié avec l’assemblée chrétienne dominicale la semaine dernière pour toutes les personnes affectées par les événements entourant l’excommunication. La prière est un chemin qui nous rend solidaires des personnes souffrantes, avec autant (même plus) d’efficacité que nos beaux discours, dont cette chronique fait partie.

 

Demandé aux paroissiens de ne pas entrer dans un cycle de condamnation. Tout en désapprouvant le jugement de l’archevêque de Recife, il faut éviter de lui infliger ce que nous dénonçons : un jugement sévère et sans appel qui se moque de la miséricorde. Sinon, nos propos sonnent creux.

 

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
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Dimanche 15 mars 2009

 

Un riche homme d’affaire se rendait au bureau chaque matin pour voir aux affaires de sa compagnie qui était très prospère. Depuis plus de deux mois, il s’y rend plus tard dans la journée et s’enferme dans son bureau n’en sortant que pour aller dîner. Habituellement, il y allait avec certains de ses proches collaborateurs mais maintenant il y va seul. Son attitude a changé et tout son entourage l’a remarqué. Toutes les rumeurs circulent sur son compte, on le croit atteint d’une maladie grave parce qu’il  a perdu beaucoup de poids et qu’il a vraiment mauvaise mine.

 

Un matin où il était rentré beaucoup plus tard, il dit à sa secrétaire privée de ne pas le déranger et de retenir les appels. Sa façon d’être l’inquiète. N’étant pas sorti de son bureau pour le dîner, en fin d’après-midi elle décide de frapper à sa porte. Elle le trouve affaissé  dans son fauteuil et en très mauvais état. Elle lui demande si elle doit appeler à  l’aide, mais il répond qu’il n’est pas malade.

 

Il lui explique que sept ans passés sa fille de vingt ans a été tuée par son ami, qu’il n’a jamais pu faire son deuil et surtout qu’il n’a jamais pu pardonner à son meurtrier. Il lui explique que le meurtrier doit sortir de prison dans deux mois et que depuis plusieurs mois il n’arrive pas à dormir hanté par cette pensée. Non seulement il n’a pas pardonné mais il a l’intention de le tuer à la prochaine occasion. Il lui explique que c’est devenu une obsession, qu’il en a perdu l’appétit, qu’il ne peut plus dormir, pensant continuellement à la façon de mettre son projet en exécution.

 

Elle lui conseille d’aller voir un professionnel pour de l’aide. Hésitant, finalement il accepte. Il se rend chez un prêtre qu’il avait connu à l’université et en qui il avait confiance. Celui-ci réussi à lui faire comprendre que le pardon est un acte chrétien, que la miséricorde de Dieu est pour tout homme. Comme Dieu pardonne au pécheur, comme chrétien nous devons aussi pardonner.

 

Après avoir fait une démarche personnelle, cet homme décide de pardonner au meurtrier de sa fille, mais plus encore il veut le rencontrer à sa sortie de prison pour lui accorder son aide afin qu’il puisse refaire sa vie.

 

À partir de là il n’était plus le même. Il sait que pardonner ne veut pas dire oublier, que c’est supprimer l’injustice sans effacer la blessure, mais c’est aussi ouvrir un chemin de vie. Cet homme s’est rendu compte qu’il s’était emprisonner lui-même en ne pardonnant pas.

 

(Cette histoire n’est pas inventée, mais relève d’un fait vécu.)

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
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