Samedi 16 février 2008
(J'anime une autre émission de radio d'une demie-heure le dimanche matin, le titre: «Bonjour dimanche.» Dans cette émission je présente de la musique, des réflexions,
des extraits de livres. Sans être une émission strictement religieuse son but est de nous faire entrer dans l'esprit du dimanche. Il y a toujours une petite touche religieuse. Je fais également
les actualités religieuses (15 min.) et je coordonne les Causeries dominicales, (15 min) une émission qui vient du diocèse. En tout, j'ai une heure à ma disposition. Je vous livre en gros
le sujet traité ce dimanche.)
Le mois de février est consacré à la prévention du suicide. Je ne parlerai pas du suicide, mais je tenterai une réflexion sur la vie.
Nous sommes déjà rendus à la mi-février…les jours se font plus longs et nous avons espoir d’un printemps hâtif, du moins c’est que nous souhaitons. Avec les journées qui
rallongent nous avons l’impression d’un retour à la vie…oh! ne nous faisons pas d’illusion… l’hiver n’est pas encore terminée… mais nous avons espoir que cela va arriver, nous en avons même la
certitude. Vous êtes-vous déjà posé la question pourquoi nous avons la certitude que l’hiver va finir?…Peut-être que vous n’y avez pas pensé, mais c’est simplement parce que vous en avez fait
l’expérience.
Dernièrement, je faisais une petite réflexion sur la vie. En écoutant les nouvelles qui nous annoncent de tout côté que la planète est en danger…que nous courrons vers la
destruction cela m’a fait réfléchir. Je me dis que nous sommes de plus en plus conscients des menaces qui pèsent sur notre humanité – pollution, violence, dilapidation des ressources terrestres…
je me dis que nous devons être solidaires dans nos efforts pour préserver la planète qui est la nôtre si nous aimons la vie.
Parfois avec tout ce que nous voyons à la télévision, tout ce que nous entendons à la radio ou que nous apportent les médias en général, nous pouvons croire que nous vivons
dans un monde de la mort. Pourtant la vie est là, elle se présente à chacun et chacune de nous, nous n’avons qu’à l’accueillir. J’ai bien dit nous n’avons qu’à l’accueillir… c’est peut-être là le
problème… nous n’arrivons pas à l’accueillir comme elle se présente et pourtant c’est là la vraie vie. Le refus de l’accueillir comme elle se présente avec ses joies et ses peines nous conduit à
la mort. Parfois c’est à l’occasion d’un événement tragique, d’une maladie grave, de la mort subite d’un proche, d’une personne aimée que nous découvrons le vraie sens et la beauté de la vie. Je
me suis rappelé d’une chanson de Jean Ferrat : Que c’est beau la vie! J’ai même sortie mon vieux disque vinyle pour l’écouter. C’est une vieille chanson mais elle est encore
pleine de sens. Il a écrit cette chanson suite à un grave accident où il a bien faillit perdre la vie.
Je relève ces paroles de la chanson : "tout ce qui tremble et palpite…tout ce qui lutte et se bat…tout ce que j’ai cru trop vite, à jamais perdu pour moi, que c’est beau la
vie." Pourquoi je relève ces paroles là… parce qu’il me semble que c’est ça la vie… la vie c’est tout ce qui nous fait trembler de peur ou de joie, c’est ce qui nous fait palpiter le cœur…c’est
ce qui nous pousse à lutter et à se battre pour aller plus loin, pour aller au-delà de soi…c’est ça la vie et Jean Ferrat l’exprime bien dans sa chanson. La vie sans bataille ne conduit nulle
part, c’est une démission. Dans les moments difficiles il faut se battre, ne pas abandonner. Nous avons plein d’exemple autour de nous de gens qui luttent courageusement contre la maladie, contre
la souffrance dans le sens qu’elles acceptent ce qui est là et acceptent tout de même d’avancer de ne pas démissionner devant l’épreuve.
Pour certaines personnes, la vie est un poids trop lourd à porter, c’est là qu’intervient le suicide. Pourtant, un psychologue qui a plus de trente ans d’expérience dans la
pratique auprès des personnes suicidaires dit que 85% des personnes qui ont survécues au suicide disent qu’elles sont heureuses d’y avoir échappé et souhaite reprendre goût à la vie.
Pouvons-nous, dans notre quotidien, aider ces personnes en les accueillant avec tout ce qu’elles ont de souffrances, mais aussi de grand et de beau en les aidant à prendre conscience de leurs
richesses personnelles et de la valeur qu’elles portent en elles ?
Avec les jours qui rallongent, prenons le temps de vivre pleinement chaque moment jusqu’au prochain printemps, l’hiver nous paraîtra moins lourd.





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