Publicité

Samedi 4 avril 2009

 

S’il y a un mot de nos jours qui est souvent utilisé, c’est bien le mot liberté. Nous voulons tous être libres, nous réclamons la liberté de parole, de conscience, de presse, d’action ou autres. Nous pouvons nous questionner à savoir ce que nous mettons sous ce mot. Il y a probablement autant de définitions qu’il y a de personnes à utiliser le mot liberté. Pour certains, la liberté veut dire ‘faire ce que l’on veut’.   Mais est-ce bien là le sens du mot liberté? Ce genre liberté devient alors esclavage parce qu’elle nous emprisonne dans nos caprices et nous rend instables.


(Toile: France Gionet) 

Il est évident que chacun de nous désirons être libres, mais cette liberté a un prix. Nous ne naissons pas libres, nous devons construire notre liberté. Nous devons arriver à nous libérer de nos déterminismes, ce que nous portons en nous, ce que nous avons apporté avec notre naissance. Se libérer veut dire accepter de se changer, accepter de renoncer à certaines choses, c’est laisser tomber nos chaînes intérieures. Cela veut dire s’assurer d’une certaine stabilité dans l’action, ne pas faire continuellement de nouveaux choix au hasard de la vie quotidienne. Un acte libre ne veut pas dire faire n’importe quoi sans tenir compte des autres. Devenir libre veut dire tenir compte des autres. Notre liberté s’exerce dans un milieu, famille, communauté, profession et dans un pays déterminé. La vraie liberté nous oblige à en tenir compte.

 

Certaines personnes paieront de leur vie la liberté recherchée. Nous avons beaucoup d’exemples dans l’histoire de l’humanité. Martin Luther King, Mgr Romero ont payé de leur vie pour obtenir la liberté et l’égalité pour leur peuple. Combien d’hommes et de femmes ont été torturés et emprisonnés pour avoir réclamé la liberté pour leurs familles et leurs proches? Cette lutte pour la liberté n’était pas pour leur profit personnel mais pour toute la collectivité. Ces hommes et ces femmes se sont battus pour la dignité de l’homme. S’ils sont allés jusqu’à là pour obtenir la liberté c’est parce que la liberté fait que les hommes et les femmes deviennent vraiment humains.

 

Jésus nous apparaît comme un homme totalement libre. Libre par rapport aux traditions et aux coutumes, libre des conflits des classes sociales, libre par rapport aux qu’en dira-t-on, libre face à la religion juive et à la loi. Mais quand Jésus prend des libertés ce n’est jamais pour lui, c’est toujours pour la dignité de l’homme. Il a accepté librement la mort, s’il avait accepté d’être infidèle à l’homme libre qu’il était, à son désir de libérer l’homme, il aurait évité la mort. C’est aussi à cause de sa liberté qu’il sera libéré de la mort. La semaine prochaine les chrétiens vivront la semaine sainte, cette semaine nous montre le chemin à prendre pour devenir véritablement libre.

 

«Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité Nelson Mandela

 

 

 

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 29 mars 2009

 

 

Il y a de cela huit ans, mon appareil de lecteur CD est tombé en panne, un technicien m’a dit qu’il en coûterait trop cher pour le réparer. Je l’ai ramené à la maison et je l’ai remisé. Un jour en faisant du ménage je l’ai retrouvé, je l’ai ouvert et j’ai mis une petite goutte d’huile pénétrante dans le mécanisme. Je n’avais rien à perdre puisqu’il ne fonctionnait plus. Je l’ai essayé, rien, je l’ai laissé reposer un temps et merveille…il fonctionnait. Cela date de huit ans et il fonctionne toujours.

 

Il en est parfois comme cela dans la vie. Nous tombons en panne et ceux qui nous entourent disent qu’il n’y a rien à faire ou nous pensons qu’il n’y a plus rien à faire, pourtant il ne suffirait que d’une bonne parole d’encouragement, la petite goutte d’huile, pour nous remettre en marche. Certaines personnes diront que c’est le travail des professionnels de faire de la relation d’aide. Nous sommes tous d’accord pour dire que les professionnels ont des outils pour aider les personnes en situation de détresse. Cependant il ne faut pas minimiser l’apport que peut apporter un membre de la famille, un ami, un voisin qui est prêt à tendre l’oreille à la personne en détresse. L’important pour ces personnes qui veulent bien être une petite goutte d’huile pour l’autre est de se rappeler que ces personnes en détresse souvent ont simplement besoin d’une oreille attentive. Ces ne sont pas des conseils dont elles ont besoin, nul ne peut dire à l’autre quoi faire car nous ne sommes pas l’autre. Par contre quand l’autre se sent vraiment écouté il peut s’exprimer et en le faisant parfois il trouve lui-même la solution qu’il cherchait pour résoudre son problème. Les résultats ne se font pas toujours sentir immédiatement, mais avec le temps comme la petite goutte d’huile dans mon appareil de lecteur CD.

 

Notre vie spirituelle n’est pas différente de notre vie quotidienne. Nous tombons parfois en panne, il suffit d’une parole tirée des Écritures, d’une remarque d’un croyant pour nous remettre sur la route.

 

Comme chrétiens, soyons cette petite goutte d’huile et si nous sommes en panne espérons que nous rencontrerons cette petite goutte d’huile.

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 22 mars 2009

 

Il faut quatre saisons pour faire une année, aucune ne peut se passer de l’autre. Il faut la splendeur de l’été, l’incendie de l’automne, le repos de l’hiver et l’espérance du printemps. Le 20 mars, c’est l’arrivée officielle du printemps, n’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller puisque le printemps est la saison de l’espérance? Mais pourquoi y aurait-il un temps spécial pour s’émerveiller, n’y aurait-il pas lieu de s’émerveiller à chaque jour puisque chaque saison a son charme particulier? N’y a-t-il pas dans notre quotidien de quoi s’émerveiller? Se pourrait-il que nous ayons perdu ce sens de l’émerveillement?

 

Pourquoi est-il si difficile de s’émerveiller, d’accueillir ce qui est beau, ce qui est grand comme ce qui est fragile? Si nous en sommes rendus là c’est que nous voulons tout rationaliser, tout expliquer au lieu de tout simplement se laisser porter par ce qui nous entoure. Pour pouvoir s’émerveiller il faut être amoureux de notre quotidien, sinon nous passerons à côté de tout ce qui est beau. Alors, au lieu  d’admirer les beautés qui nous entourent nous serons portés à voir ce qui est moins beau. S’émerveiller c’est voir l’invisible, c’est voir au-delà de ce qui est physiquement présent. Il faut être comme l’enfant qui ne questionne pas, mais qui se laisse tout simplement porter par ce qu’il voit. Il est donc important de laisser monter l’enfant qui est en nous, parce que quel que soit l’âge que nous ayons, l’enfant en nous est toujours présent.

 

Nous avons mille raisons de nous émerveiller, c’est le printemps qui arrive. Bientôt apparaîtront les premières fleurs, les bourgeons éclateront sous nos yeux. Saurons-nous simplement les contempler, saurons-nous laisser monter en nous ces sensations de bien-être que procurer le bruissement de l’eau qui coule d’un petit ruisseau ? Pourrons-nous faire taire en nous tous ces questionnements, toutes ces préoccupations quotidiennes pour simplement être là comme l’enfant devant la mare d’eau?

 

Nous ne devons pas seulement nous émerveiller devant les choses, nous devons aussi nous émerveiller devant les personnes. Chaque personne porte en elle de quoi nous émerveiller. Ce n’est pas devant son habillement ou sa coiffure que nous devons nous émerveiller, mais devant ce qu’elle est. S’émerveiller devant une personne, c’est lui donner le droit d’exister, c’est la rendre plus humaine.

 

‘Un homme qui admire, un homme qui s’émerveille, c’est un homme qui ne se limite plus à des choses matérielles…’ M. Zundel, L’humble Présence, p.30

 

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 20 mars 2009

 (Mon ancien curé, un jeune prêtre que j'apprécie, publie chaque semaine une chronique dans L'Acadie Nouvelle. Je vous refille un de ses chroniques. Bonne lecture.)


Depuis le début de l’hiver, l’Église doit transiger avec des controverses. Ce qui fait dire à certains qu’elle traverse l’une des crises les plus aiguës de son histoire récente. Plusieurs d’entre vous m’ont fait part de leur incompréhension de cette crise. En tentant de résumer quelques-uns des enjeux de ces situations complexes (de plus en plus connus à cause de leur médiatisation), je voudrais vous donner mes raisons « d’espérer contre toute espérance » (Hé 11). Parce que je ne désespère pas : l’Église n’est pas le Titanic menacé de sombrer, mais une barque qui tangue face à des vents contraires, et qui revient toujours à bon port (comme elle l’a fait tant de fois depuis 2000 ans).

 

Espérer en Dieu

 

Première tempête de l’hiver : 25 janvier. Ce jour-là, dans un souci d’unité, Benoît XVI tend la main à un groupe d’évêques intégristes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X excommuniés en 1988. Parmi ces évêques, Mgr Williamson nie l'existence de la Shoah. C’est la première rafale! La deuxième : réintégrés au sein de l'Église, ces évêques ont réaffirmé leur opposition à l'esprit de Vatican II. Cela en a fait sursauter certains plusieurs! Benoît XVI a voulu calmer le tout il y une semaine avec une lettre à tous les évêques alléguant son ignorance du négationnisme de Williamson et sollicitant l’appui des évêques. Avec humilité, le pape a tendu la main une autre fois… cette fois à l’Église.

 

Cette situation est un appel à réveiller notre espérance à l’égard de l’Église post-conciliaire. Parce que l’espérance est niée par ceux qui souhaitent revenir en arrière et restaurer le passé : il s’agit là d’un manque de confiance en un Dieu toujours à l’œuvre. L’espérance est aussi mise de côté par ceux qui ont choisi de limiter leur action pastorale à la décroissance de services et de lieux d’Église : l’avenir de l’Église ne peut être prédit par des actuaires ou des consultants. Espérer, c’est comme se convertir, c’est-à-dire se tourner vers Dieu qui, mieux que le passé ou le présent, nous montre l’avenir.

 

La force tranquille du peuple

 

La tempête hivernale s’est ensuite déplacée au Brésil, le pays le plus catholique du monde. Tout le monde connaît l’histoire maintenant : l’excommunication de la mère d’une fillette de neuf ans et du corps médical qui a pratiqué l’avortement de deux jumeaux conçus lors d’un viol. De nombreuses personnes, y compris parmi les pratiquants, n’ont pas compris ce qui a motivé un jugement si sévère et ont voulu se désolidariser de ce jugement. Dans une lettre ouverte à l’archevêque de Recife, l’évêque de Nanterre en France a résumé les sentiments de plusieurs: « dans cette tragédie, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde. »

 

De nombreux prêtres et évêques d’ici et d’ailleurs se sont fait les porte-paroles des fidèles en exprimant leur incompréhension et leur désapprobation des propos de l’évêque brésilien, conscients que « la solidarité impose de dire ses désaccords, sinon elle ne serait que complicité. » Le Vatican a aussi entouré la fillette de tendresse et d’amour en disant : « Avant de penser à l'excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder la vie innocente de la fillette et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, hommes d'Église, devrions être experts et maîtres dans l'annonce. Cela n'a malheureusement pas été le cas, et la crédibilité de notre enseignement s'en ressent, qui apparaît aux yeux de beaucoup comme insensible, incompréhensible et sans aucune miséricorde. »

 

À cause de la prise de parole de plusieurs catholiques, d’évêques jusque-là anonymes et de nombreux observateurs, ce qui semblait clair pour l’archevêque de Recife a perdu de son évidence. Le mea culpa ne suffira peut-être pas à certains. Il est peut-être venu trop tard pour d’autres. Mais pour moi, il me donne une raison d’espérer dans la force tranquille des personnes. Au cours de l’histoire bimillénaire de l’Église, il y a toujours eu des personnes qui sont venues rappeler le message de Jésus le Christ. Ces personnes peuvent être méprisées par leur époque, non reconnus dans leur propre pays, mais elles ont la capacité de nous ramener à l’essentiel.

 

La patience au moment du printemps!

 

Au bout d’un long hiver, Benoît XVI se rend en Afrique pour poursuivre l’œuvre d’’évangélisation. Après avoir bâti des écoles et des églises, fondé des communautés religieuses et aidé à la formation d’un clergé local, la Mission continue pour que l’Évangile s’avance plus profondément dans les cœurs. Ce n’est pas que l’épiderme qui doit être touché. Nos leaders religieux ont réalisé cela avec le génocide rwandais. Le massacre a montré que l’horreur peut exister avec une pratique religieuse enviable (des fidèles actifs, des religieuses en grand nombre, des séminaires remplis, etc.). L’évangélisation des profondeurs doit se poursuivre, là-bas comme ici.

 

En terre de récentes « plantations d’Église », Benoît XVI sèmera des nouvelles pousses pour permettre un autre printemps de l’Église. Après un hiver rigoureux, l’espérance du semeur qui jette à grandes brassés le grain est nécessaire. Les nouvelles pousses ne pourront fleurir et porter du fruit sans notre consentement à la patience. En ce temps de carême, nous rappelons à notre conscience que la patience du semeur s’accompagne nécessairement de la croix. Voilà un autre lieu de mon espérance : pour croître et renaître, la vie a besoin de temps, de patience et d’épreuves dont Dieu est maître.

 

Cité cette phrase de Congar : « Ceux qui ne savent pas souffrir ne savent pas non plus espérer. À celui qui sait attendre, toutes choses finiront par être révélées, à condition qu’il ait le courage de ne  pas renier dans les ténèbres ce qu’il a vu dans la lumière. »

 

Appris d’un ami prêtre de l’Afrique que Benoît XVI était fort attendu là-bas et que son voyage réjoui les foules. Les Africains étaient habitués aux visites papales. Sur les 110 pays que Jean-Paul II a effectué pendant son pontificat, 40 ont été en Afrique. Il a profondément marqué ce continent qu’il affectionnait particulièrement.

 

Reçu les Actes du 49e Congrès Eucharistique International. On y trouve l’appel à l’espoir de la fondatrice d’une ONG visant la réconciliation entre Hutus et Tutsis, Marguerite Barankitsé: « Vous les Occidentaux, quand il n’y a pas de stratégies, de mécanismes et d’objectifs spéciaux, vous n’avancez pas. Vous voulez bien faire confiance en Dieu, mais il faut d’abord avoir des assurances, la sécurité pour au moins 100 ans. »

 

Relu le récit de la tempête apaisé dans les évangiles. Alors que la barque dans laquelle se trouvent les disciples est secouée et qu’ils périssent, ils interpellent Jésus. Si l’Église traverse les tempêtes, c’est bien parce que Quelqu’un d’autre est aux commandes.

 

Prié avec l’assemblée chrétienne dominicale la semaine dernière pour toutes les personnes affectées par les événements entourant l’excommunication. La prière est un chemin qui nous rend solidaires des personnes souffrantes, avec autant (même plus) d’efficacité que nos beaux discours, dont cette chronique fait partie.

 

Demandé aux paroissiens de ne pas entrer dans un cycle de condamnation. Tout en désapprouvant le jugement de l’archevêque de Recife, il faut éviter de lui infliger ce que nous dénonçons : un jugement sévère et sans appel qui se moque de la miséricorde. Sinon, nos propos sonnent creux.

 

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 15 mars 2009

 

Un riche homme d’affaire se rendait au bureau chaque matin pour voir aux affaires de sa compagnie qui était très prospère. Depuis plus de deux mois, il s’y rend plus tard dans la journée et s’enferme dans son bureau n’en sortant que pour aller dîner. Habituellement, il y allait avec certains de ses proches collaborateurs mais maintenant il y va seul. Son attitude a changé et tout son entourage l’a remarqué. Toutes les rumeurs circulent sur son compte, on le croit atteint d’une maladie grave parce qu’il  a perdu beaucoup de poids et qu’il a vraiment mauvaise mine.

 

Un matin où il était rentré beaucoup plus tard, il dit à sa secrétaire privée de ne pas le déranger et de retenir les appels. Sa façon d’être l’inquiète. N’étant pas sorti de son bureau pour le dîner, en fin d’après-midi elle décide de frapper à sa porte. Elle le trouve affaissé  dans son fauteuil et en très mauvais état. Elle lui demande si elle doit appeler à  l’aide, mais il répond qu’il n’est pas malade.

 

Il lui explique que sept ans passés sa fille de vingt ans a été tuée par son ami, qu’il n’a jamais pu faire son deuil et surtout qu’il n’a jamais pu pardonner à son meurtrier. Il lui explique que le meurtrier doit sortir de prison dans deux mois et que depuis plusieurs mois il n’arrive pas à dormir hanté par cette pensée. Non seulement il n’a pas pardonné mais il a l’intention de le tuer à la prochaine occasion. Il lui explique que c’est devenu une obsession, qu’il en a perdu l’appétit, qu’il ne peut plus dormir, pensant continuellement à la façon de mettre son projet en exécution.

 

Elle lui conseille d’aller voir un professionnel pour de l’aide. Hésitant, finalement il accepte. Il se rend chez un prêtre qu’il avait connu à l’université et en qui il avait confiance. Celui-ci réussi à lui faire comprendre que le pardon est un acte chrétien, que la miséricorde de Dieu est pour tout homme. Comme Dieu pardonne au pécheur, comme chrétien nous devons aussi pardonner.

 

Après avoir fait une démarche personnelle, cet homme décide de pardonner au meurtrier de sa fille, mais plus encore il veut le rencontrer à sa sortie de prison pour lui accorder son aide afin qu’il puisse refaire sa vie.

 

À partir de là il n’était plus le même. Il sait que pardonner ne veut pas dire oublier, que c’est supprimer l’injustice sans effacer la blessure, mais c’est aussi ouvrir un chemin de vie. Cet homme s’est rendu compte qu’il s’était emprisonner lui-même en ne pardonnant pas.

 

(Cette histoire n’est pas inventée, mais relève d’un fait vécu.)

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 12 mars 2009

Autrefois le mot ‘jeûne’ faisait partie du vocabulaire de l’Église. Mais depuis qu’on a découvert les propriétés guérisseuses du jeûne il en est tout autrement. Les sciences de la santé disent que le jeûne peut énergiser le corps humain, le rendre plus apte à éprouver des sensations de bien-être. Il suffit de faire quelques recherches sur Internet pour découvrir toutes les institutions qui offrent aux gens la possibilité de suivre une cure par le jeûne.

 

Nous pouvons nous questionner à savoir est-ce que le jeûne est une découverte récente? La réponse est, absolument pas. On pratiquait le jeûne dans les temps les plus reculés. Ce sont les motifs du jeûne qui sont différents.

 

Nous nous rappelons tous du jeûne imposé par l’Église le temps du Carême ou encore de l’Avent. À partir de 1968, l’Église catholique n’a conservé que deux jours de jeûne et d’abstinence, le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint. L’abstinence veut dire ne pas manger de viande. Le Carême se pratique également dans les Églises Orthodoxes. Cependant le jeûne n’est pas particulier à l’Église catholique, toutes les grandes religions demandent à leurs membres de jeûner et cela même dans les religions non-déistes, c’est à dire qui n’ont pas Dieu à la base de leurs croyances.

 

Chez les bouddhistes, le jeûne dure trois mois durant lesquels les moines doivent rester dans leurs temples pour prier et jeûner. Nous connaissons tous le jeûne pratiqué dans la religion islamiste, le Ramadan. Pendant un mois, les Musulmans ne doivent pas consommer de nourriture ni de liquide à partir du lever du soleil jusqu’à son coucher. Dans la religion juive c’est le Yom Kippour.

 

Pourquoi les différentes religions demandent-elles à leurs membres de jeûner? Le but n’est pas d’obtenir son salut, mais de procurer un état de bien-être physique et intérieur afin de pouvoir entrer en contact avec soi-même et avec Dieu. Le jeûne a une valeur spirituelle reconnue par toutes les religions, il vient nous rappeler que ‘l’homme ne vit pas seulement de pain.’

 

Avec le Mercredi des Cendres l’Église est entrée en période de Carême. Ce temps nous est donné pour approfondir notre relation à Dieu.

 

 

 

 

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 27 février 2009

Je vous présente un texte d'un ami, père Zoël Saulnier, sur le pardon. ce texte a été diffusé à la radio dans le cadre de la Causerie dominicale.

Avec le soleil de février qui s’étire comme quelqu’un qui sort de son lit le matin, je vous arrive dans cette causerie avec le goût de partager ce que dans ma vie de croyant j’accepte mais que je questionne dans le respect et l’amour : la décision de célébrer le pardon avec absolution  individuelle en ne permettant plus l’absolution collective. Un retour à vivre et non à subir en solidarité avec notre évêque.  Un moment de croissance dans l’expérience pastorale du pardon car on dit que le pardon,  c’est la réalité la plus importante à vivre pour l’Église en ce 21ième siècle. Car peu importe les blessures, les déchirures, le pardon peut laver et refaire ainsi la nouveauté selon cette modalité de l’absolution individuelle.  Célébrer le sacrement du pardon, c’est faire la lessive au cœur de nos existences personnelles et communautaires.

Dans cette causerie en ce dernier dimanche de février qui nous conduira à la saison du  Carême qui est un  temps de conversion pourquoi ne pas parler de ce virage à prendre dans la célébration du sacrement du pardon?

Je suis  plutôt un croyant qui questionne les décisions pour mieux les intégrer à la lumière de l’Évangile. Dans la fidélité à ce que je suis, avec mes limites et mes efforts de communion, je veux discerner avec vous que ce le Seigneur veut de moi dans cette décision qui nous est demandée de privilégier dorénavant  à savoir l’absolution individuelle dans la démarche du pardon. Il faut se rappeler que cette décision n’est pas prise pour rendre plus difficile la célébration du pardon mais pour nous aider à le vivre toujours et davantage dans la vérité. Et dans cette démarche qui nous est demandée ne jamais oublier que c’est toujours Jésus qui dans ce sacrement guérit et réconcilie, sinon ce changement aura été vain. 

Une décision vient d’être prise en Église  au sujet  de l’absolution individuelle sans nier la valeur des célébrations collectives  vécues pendant de nombreuses années et  qui ont fait partie de la vie pastorale de notre Église.

Cette décision a été prise avec un pincement au cœur des pasteurs compte tenu de ce qui a été vécu à l’occasion des célébrations collectives du pardon comme une expérience pastorale valable  et qui  n’a en rien diminuer le pardon comme un rite qui nous refait et qui nous remet debout. Moi  comme vous qui êtes de l’Église, nous obéissons  à cette décision. Mais je vous avoue que cette  décision  je l’assume  avec  une certaine souffrance. Une décision qui demande de ma part une foi plus enracinée dans cette mission de Jésus qui nous a été confiée. Je considère que c’est être adulte dans sa foi que de dire ce que je ressens pour mieux m’ouvrir à cette décision que je crois habitée par la force de l’Esprit.

Nous allons bientôt entrer dans la saison du carême avec le mercredi des Cendres. Je crois que cette saison qui doit être une montée vers Pâques est le temps tout indiqué pour faire ce passage demandé dans l’expérience du sacrement du Pardon au cœur de notre Église diocésaine, au cœur de nos communautés chrétiennes.

Comme l’écrit notre évêque Mgr Vienneau et je cite : « Le temps du carême, temps de conversion et de pénitence, est un moment propice pour donner des enseignements aux gens car plusieurs sont restés avec bien des questions à la suite du décret de la CECC. »

Selon le thème du Carême 2009 : « Tu aimes le monde et nous marchons avec toi », il est important au-delà de nos questions, des nos difficultés devant une telle décision, de continuer  à marcher comme Église, comme communautés chrétiennes, comme individus afin d’aller plus loin qu’un décret  en  nous invitant avant tout à croire davantage à l’amour miséricordieux du Seigneur qui veut nous relever pour mieux marcher ensemble comme peuple de Dieu. Ce n’est pas le pardon qui est remis en cause, mais une manière de célébrer ce pardon dans un sacrement dont l’Église dans sa sagesse nous demande de privilégier, c’est-à-dire la célébration communautaire du pardon avec absolution individuelle.

Quant à moi, l’important  avant tout dans la modalité du pardon qui est permise, c’est   de nous resituer comme individu, comme société dans ce besoin de croire dans un pardon qui est  lieu de guérison, lieu de réconciliation, lieu de paix.    Mon seul souhait  c’est aussi le souhait de notre évêque que ce moment d’adaptation et il faut le dire ce deuil, vivons-les afin de découvrir la grandeur de ce sacrement et malgré tout de ne jamais douter du pardon qui est un cadeau de Dieu à l’humanité.

Je dirais que rien n’est à négliger dans l’appréciation de ce que nous avons vécu par le passé et cela depuis plusieurs années. Dans cette  démarche qui a été la nôtre  selon la modalité de l’absolution collective,  il ne faut pas renier la valeur de notre parcours qui a permis à nos communautés chrétiennes de vivre des célébrations communautaires signifiantes et ainsi nous ouvrir aujourd’hui à l’absolution individuelle.

En assumant cette décision, au-delà de nos déceptions et même les confusions qui peuvent exister autour du sacrement du pardon, il faudrait éviter les comparaisons et d’évaluer les différentes modalités de la célébration du pardon en hissant une modalité sur un piédestal  et en considérant ce que nous avons vécu comme quelque chose à rabais.

C’est une attitude de marketing qui n’est pas digne de la grandeur du pardon dont nous avons tous et toutes besoin. Pour que cette décision n’ait pas de retombées négatives, il faut avant tout profiter de cette occasion qui nous est offerte pour mieux comprendre le sens et la portée du sacrement de la réconciliation comme le signifie notre évêque Mgr Vienneau dans un souci pastoral.

Nous vivons dans un monde qui est bon et que Dieu aime, selon le thème de notre carême 2009. Mais ce monde, il est marqué par un laxisme qui affecte nos consciences et  ainsi la médiocrité s’installe comme une manière de vivre.

Dans nos vies faites de brisures et de faux pas, cette nouvelle démarche devrait nous aider à sortir de notre médiocrité en ayant un regard vrai sur le péché et nous faire découvrir la nécessité d’investir le meilleur de nous-mêmes dans cette démarche de conversion afin de trouver dans nos vies de baptisés les espaces de haine et de violence qui empêchent l’amour de prendre racine, les lieux de destruction qui éteignent la vraie vie dans nos existences et dans le monde  et aussi avouer les manques de responsabilité qui affaiblissent la société et l’Église et de l’avouer en toute humilité. Ayant conscience du péché qui m’habite pour mieux le reconnaître, dans cette démarche de l’absolution individuelle le confesser et ainsi se tenir devant Dieu pour se sanctifier.

Dans ce retour à l’absolution individuelle surtout pour notre génération, il serait bon de se désintoxiquer d’une manière de vivre la confession comme si on se présentait à un guichet automatique où on dépose son lot de péchés sans se responsabiliser pour reprendre un nouveau chemin.  On a appris  trop souvent à regarder notre vie comme un livre de recettes où on évalue en moins ou en plus les ingrédients au lieu de la confronter dans ses limites et ses grandeurs à la lumière de l’Évangile pour enrichir nos terres appauvries par le péché qui est toujours une rupture d’Alliance.

Enfin dans ce changement accepté, comprendre que Dieu est un passionné, c’est pourquoi le pardon existe.

Dans une démarche de pardon avec absolution individuelle qui doit  toujours se vivre en lien avec la communauté, nous répondons à cette passion de Dieu pour nous dans un amour qui n’écrase pas mais qui se penche sur nous pour mieux nous relever. Comme Jésus l’a fait devant la femme  en situation de péchés, Jésus se penche sur le sol et il écrit sur le sable pour enfin  se relever pour montrer jusqu’où va le pardon. Un pardon vécu dans cette démarche de l’absolution individuelle qui nous permet de rencontrer ce Dieu dont saint Augustin a pu dire : « S’éloigner de lui, c’est périr, se tourner vers lui, c’est ressusciter; demeurer en lui, c’est être inébranlable, retourner à lui, c’est renaître, habiter en lui, c’est vivre ».

Une démarche qui nous apprend que pardonner, ce n’est pas calculer, ce n’est pas oublier ni effacer mais libérer l’avenir. Pardonner, c’est supprimer l’injustice sans renier la blessure.

Pardonner,  c’est ne pas permettre au mal de triompher mais ouvrir au bien des chemins d’avenir.

 Pardonner, c’est arrêter la violence, retrouver la paix, la légèreté, et donc l’humanité.

Enfin, le pardon est sans prix parce qu’il est le fruit d’un amour qui ne se mesure pas.

Entrons dans cette démarche du pardon pour mieux bêcher, sarcler la terre de notre vie pour que germe en solidarité dans nos fragilités, là où se vit le péché, le pardon comme une douce caresse de Dieu.

Bon Carême et bonne démarche de pardon!

 

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 12 janvier 2009

J'avais publié un article sur le 250e anniversaire de la déportation des Acadiens de l'île du Prince-Édouard. Vous pouvez visionner une vidéo du dévoilement du monument de l'Odyssée le 13 décembre 2008.

Par Dugas - Publié dans : espace-vie - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 11 janvier 2009

 

Isaïe (55,1-11)

Ce matin je faisais la lecture à la messe dominicale, en préparant ma lecture, un passage m’a particulièrement frappé. Je le cite et vous explique pourquoi. "Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? " Voilà une parole qui m’interpelle aujourd’hui avec les temps qui courent.


En effet, la crise que nous vivons n’est-elle pas engendrée, en partie du moins, par nos exagérations, par notre surconsommation, par nos désirs de se procurer milles gadgets inutiles ? Toutes sortes de choses qui au fond ne nourrissent pas vraiment parce que nos désirs sont insatiables. Nous voulons toujours plus et encore et encore. Que d’argent dépensé inutilement ! Pourquoi ne pas nous centrer sur ce qui nourrit vraiment, c’est à dire sur ce qui procure un vrai plaisir, les rencontres entre amis et en famille, des choses simples et qui ne coûtent qu’un peu de soi.


Cette crise peut nous conduire à une plus grande simplicité de vie, peut-être involontaire au début mais quand nous en récolterons les fruits, nous en serons heureux parce que notre vie sera enrichie de la dimension du partage et d’une véritable joie.

Par Dugas - Publié dans : Réflexion biblique - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 4 janvier 2009

 

Le mot murmure est peut-être le terme le plus exact pour parler de Dieu qui se révèle aux hommes.  Dans une société où la science semble pouvoir tout expliquer, nous pouvons être tentés de croire qu’elle peut nous prouver l’existence de Dieu. Mais Dieu ne se prouve pas, il se révèle aux hommes. Nous pouvons ouvrir nos appareils de télévision ou nos ordinateurs et faire plein de recherches, Dieu ne nous apparaîtra pas sur nos écrans. Cela n’empêche pas notre monde d’être à la recherche de Dieu. Pour arriver à le découvrir il faut être patient et se tenir à l’écoute, s’arrêter et faire silence en soi et là peut-être entendrons-nous le murmure de Dieu.

 

Dans notre enfance nous avons reçu des images de Dieu, mais une fois devenu adulte ces images ne correspondaient pas nécessairement à notre conception de Dieu. Notre expérience nous conduit à une conception plus personnelle.

 

Dans la Bible, Dieu se révèle progressivement aux hommes, il apparaît d’abord comme le Dieu créateur, le Dieu de la promesse, le Dieu sauveur, le Dieu de la tendresse et le Dieu d’amour. Il a fallut bien du temps au peuple Hébreu pour arriver jusqu’à ce Dieu d’amour.

 

Dimanche dernier c’était la fête des rois. Les rois mages ont fait bien du chemin pour trouver Dieu sous la forme d’un petit enfant couché dans une mangeoire d’animaux. Pour découvrir Dieu, nous aussi nous devons peut-être prendre la longue route, partir à sa recherche et finalement réaliser qu’il est au milieu de nous dans les plus petits de ce monde, dans ceux qui souffrent, dans ceux qui sont  persécutés, dans notre voisin malade.

 

Ce chemin, nous ne le prenons pas seuls, nous marchons avec nos frères et sœurs, avec toute l’humanité, comme pèlerins et chercheurs de Dieu.

Par Dugas - Publié dans : Actualité religieuse - Communauté : L'Acadie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Texte Libre

Texte libre

Base vivante d'informations environnementales, d'alerte et de réflexion

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus