Bande de chanceux
Lire Mt 5, 1-12a
Supposons que j’arrive dans un groupe qui milite pour la justice sociale, ce groupe vient d’être matraqué par les policiers, un de leurs compagnons vient d’être grièvement blessé. Plusieurs sont écrasés par l’événement et pleurent. J’arrive avec ma foi et je lance : "Heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui sont persécutés pour la justice…" Je ne suis pas certain que je recevrais l’accueil dont je m’attendais, et pour cause. Il ne faut pas lire les Béatitudes dans le sens de vivez ce que vous avez à vivre même si c’est pénible et plus tard vous serez heureux. Il faut voir un peu plus loin le sens de ces "Heureux" de ces "chanceux" comme je le dis dans le titre.
Nous remarquerons que dans ses interventions Jésus est toujours radical, il n’y a pas de demie mesure. Par-là il veut nous montrer qu’il apporte un monde nouveau. Le suivre, c’est voir les choses autrement, mais nous sommes tellement habitués à entendre ces récits des évangiles que cela ne nous impressionne plus, nous sommes des endormis. Comment arriverons-nous à casser les mots, comme le dit si bien François Varillon.
D’abord, d’après les spécialistes, le texte primitif ne contenait que trois béatitudes, celles qui concernaient les pauvres, les affligés et ceux qui ont faim et soif. Matthieu en a ajouté un peu mais qui au fond ne sont que des conséquences logiques des trois originales. Le sens de ce texte veut simplement dire qu’avec sa venu le monde a changé, il y a de l’espoir pour ceux qui souffrent, non pas que c’est heureux de souffrir mais que c’est le début d’un temps nouveau, on est à l’année zéro, comme le dit Stéphane Venne. C’est comme s’il disait ; "ne vous découragez pas, regardez ce que j’accomplis, ne voyez-vous pas ce qui se passe.
Il se peut qu’en regardant autour de nous, nous trouvons que les choses n’ont pas beaucoup changées après plus de deux mille ans. Si tel est le cas, c’est parce que nous sommes encore des aveugles, des sourds et des muets, incapables de nous ouvrir au message de Jésus, Christ.
Donc, ce texte des Béatitudes n’est pas un éloge à la souffrance, mais bien un chant d’espoir.
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