Pourquoi pas ?
Dernièrement, j’assistais à l’ouverture des États généraux des Arts et de la Culture en Acadie. Ce fut extra. Quand j’assiste à des événements publics j’essaie toujours de faire un lien avec ce qui se vit là et ma foi ou encore mon Église. Dans le discours de Monsieur John Ralston Saul, deux points m’ont interpellé. Premièrement, il a précisé que cinquante ans passé on prédisait une disparition de la langue français au Canada et la disparition de la culture acadienne. Rien de cela n'est arrivé, aujourd’hui la culture acadienne est plus forte que jamais et est connue sur la scène internationale.
Actuellement, certaine prétendent que dans une cinquantaine d’années, l’Église aura pratiquement disparue de nos milieux. Pourquoi n’en serait-il pas autrement comme il en est advenu pour la culture acadienne ?
Deuxième point qui m’a interpellé. D’après Monsieur Saul, il faut sortir de ses îlots pour pouvoir survivre. Cela ne se fait pas facilement car, les îlots sont les structures existantes et lorsqu’on en sort, on se fait taper sur les doigts. Mais à sont avis, c’est la seule façon de ne pas disparaître.
Au niveau de notre Église, le temps n’est-il pas venu de sortir de nos «îlots», de nos structures pour nous ouvrir davantage au monde d’aujourd’hui ?
À cette rencontre, il y avait plein de jeunes artistes dans tous les domaines, il y avait là un dynamisme et une vie incroyables. Durant le spectacle, j’y ai même décelé des éléments qui pourraient servir dans la liturgie.
En Église, pour sortir de nos îlots, ne faudrait-il pas faire une plus grande place aux jeunes, leur laisser la possibilité d’innover, de créer, au lieu de leur demander de répéter ce que nous avons toujours fait ou encore de leur faire croire que le seul moyen de faire Église est reproduire le passé, ou ce que nous avons fait ?
Pourquoi ne pas faire confiance à l’Esprit qui ne souffle peut-être pas là où on le veut, mais qui souffle là où il veut?
Luc fait dire à Jésus : «Le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. » C’est peut-être là que l’Esprit veut nous conduire.
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