Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir

Publié le par Hibou

 
Lire : Actes des Apôtres 20, 28-38
 
Nous entendons souvent cette citation des Actes. Que pouvons-nous en tirer? Beaucoup de chose, je suppose, mais pour moi il faut relire ce passage et le méditer. Pour certain cela veut dire donner de son argent. Quant à moi, je crois que le moindre des dons est bien celui de l’argent.
 
«Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir», il faut donner se son temps, de sa personne. Prendre le temps de s’arrêter quelques minutes pour dire bonjour à quelqu’un, pour écouter, pour rire avec d’autres. Donner de sa personne pour soigner ou accompagner une personne qui en a besoin. Pour moi cela est le véritable de don.
 
J’ai passé une semaine dans une grande ville, j’ai perdu l’habitude des grandes villes. J’y ai rencontré des mendiants qui tendaient la mai, j’ai donné, oui de l’argent et cela me permettait de passer très vite sans même regarder vraiment la personne, comme si j’avais peur.  Cet argent que je donnais m’autorisait à passer mon chemin avec bonne conscience. Mais étais-ce un véritable don?
 
Prendre cinq minutes pour parler avec quelqu’un vaut plus que tout le bien matériel que l’on puisse donner.
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Publié dans Réflexion biblique

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Le problème du rapport à la mendicité se pose différemment quand on vit en ville car on rencontre toujours les mêmes mendiants et on finit par les connaître, au moins de vue. Parler 5 minutes avec en sachant qu'on ne le reverra plus est une chose... Parler 5 minutes avec en sachant qu'on les reverra le lendemain en est une autre...  Une expérience : cet automne, j'ai progressivement fait connaissance avec un couple de mendiants qui faisaient la manche pas loin de chez moi. Ils m'ont offert des moments de grande joie, comme le matin où ils m'ont annoncé qu'ils avaient trouvé un studio pour passer l'hiver au chaud, alors que j'avais l'habitude de les voir mendier sous la pluie. Je me souviens aussi d'un soir où je rentrais de l'eucharistie et ils m'ont invité à partager avec eux leur sachet de frites (Belgique, pays des frites). Certainement que cet unique sachet de frites pour deux étaient la seule nourriture qu'ils allaient avaler de toute la journée et ils l'ont partagé avec moi qui mange tous les jours à ma faim. Le peu qu'ils ont, ils le donnent... pour peu qu'on accepte de le recevoir... J'ai ressenti la présence réelle du Christ au cours de ce modeste repas... bien plus qu'à l'eucharistie qui l'a précédé... Malgré les joies qu'ils m'apportaient, j'ai senti naître en moi progressivement une peur de la relation, de la responsabilité, de la dépendance : et moi qu'est-ce que je leur donne ? Suis-je capable de tout leur donner sans penser au lendemain ? Ne devrais-je pas les inviter à dîner chez moi ? A dormir chez moi ? Etc. Ca peut aller très loin. Aujourd'hui leur studio les a éloigné de mon quartier : ils se font plus rares. J'avoue que cette brisure de la relation m'arrange bien car je ne me sentais plus capable de la porter : avoir expérimenté qu'ils sont la Source de joie ne suffit pas à faire s'évaporer la peur. La prière peut aider. Mais suffit-elle ?
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D
Bonjour, votre témoignage est éloquent et présente ce que je ressens devant une telle situation. De la compassion et en même temps une certaine peur de créer des liens, une dépendance, d'avoir à assumer des responsabilités envers eux etc. Je vous remercie de votre fidèlité à exprimer vos commentaires. Cela permet de poursuivre la réflexion. Encore , merci!