Un goût de liberté
Vous n’êtes pas obligés de lire ces sornettes, mais moi j’ai le goût de les dire. À vous de faire le choix. C’est là le plaisir d’avoir un blogue.
Avec le printemps qui tire à sa fin, j’ai le goût de parler de liberté. Avec les fleurs qui surgissent de partout, les oiseaux qui vivent la saison des amours, avec les goelans qui chantent le début de la pêche et qui réclament une part du butin, avec les abeilles qui préparent la nouvelle récolte de fruits, j’ai le goût de vous dire qu’avec l’âge, on a le droit de devenir enfant, de ne se soucier que de soi et des siens, sans s’embarrasser.
J’ai le goût de courir sur la plage, pieds nus, en agitant les bras et en criant, «vive la liberté d’un vieux fou déchaîné.» N’est-ce pas cela, la liberté? Pouvoir vivre des moments comme si on était seul au monde. J’ai le goût de respirer à plein poumon l’air du large en chantant n’importe quoi, ou encore, de m’imaginer sur un bateau qui vogue, seul, sur le vaste océan qui est là devant moi, mais qui est aussi la vie. J’ai le goût de vous dire que la vie est un voyage où chaque année est un nouveau départ. J’ai le goût de jeter par-dessus bord tous mes bagages, il faut s’alléger pour les prochains voyages. La semaine prochaine j’entreprendrai mon soixante sixième voyage et j’ai le goût de vous dire que je suis plus fou qu’au milieu de mon âge. Paroles de fou ou paroles de sage, je ne sais plus à cause de mon âge. Que Dieu me guide dans ma folie.
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