La joie
Cela peut paraître curieux de parler de la joie dans ces temps marqués par les guerres, la souffrance, les actes terroristes, la crise économique et gouvernementale que l’on connaît. Pourtant, cela ne nous empêche pas d’être dans la joie, non pas qu’être dans la joie veuille dire ne pas voir la réalité. Si c’était le cas ceux qui sont dans la joie seraient comme des statues avec le sourire aux lèvres mais qui n’ont pas d’émotion, qui vivent hors de ce temps.
Être dans la joie veut dire éprouver une émotion à partir d’un événement, d’une situation qui peut même être douloureuse. La vraie joie est celle qui tient compte des aspects moins agréables de la vie mais qui a des effets positifs. Prenons par exemple la mère qui donne naissance à une enfant, cet événement est doulereux mais elle est dans la joie. Nous pouvons nous poser la question à savoir si la joie a un lien avec le plaisir. Il est évident que oui, quand nous éprouvons du plaisir cela procure de la joie, cependant il ne faut pas croire que tous les plaisirs mènent à la joie. Pour que le plaisir procure une véritable joie, il faut que celui-ci ait des effets positifs. Il est possible de vivre le plaisir mais d’en retirer de l’amertume et non de la joie. De même il ne faut pas confondre joie et bonheur, la joie se présente à partir d’une expérience de vie qui est plus fragile et temporaire alors que le bonheur est un état stable qui conduit la personne vers la liberté et l’épanouissement personnel.
Ce dimanche c'est le troisième dimanche de l’Avent, la liturgie nous présentait le dimanche de la joie. Dans certaines communautés anglicanes ce dimanche est célébré le quatrième dimanche de l’Avent. Alors qu’est-ce que l’Église nous présente de différent que ce que nous connaissons déjà de la joie ? Y a-t-il une joie pour les croyants et une autre pour les non-croyants ? Ce n’est pas la joie comme telle qui est différente mais bien l’objet de la joie. En ce dimanche de la joie, les croyants fondent leur joie sur l’approche de l’avènement du Messie qui vient pour que l’humanité connaisse l’amour de Dieu qui a pris chair en Jésus Christ. Ce qui fait dire à saint Paul : «Soyez toujours dans la joie…rendez grâce en toutes circonstances…»
La joie que nous éprouvons doit devenir source de joie pour les autres autrement c’est une joie sans lendemain. La joie doit être communicative. La joie devrait nous faire plus humain et plus libre. La joie c’est comme un enfant qui sourit à la vie.