Le temps de s’émerveiller

Publié le par Dugas

 

Il faut quatre saisons pour faire une année, aucune ne peut se passer de l’autre. Il faut la splendeur de l’été, l’incendie de l’automne, le repos de l’hiver et l’espérance du printemps. Le 20 mars, c’est l’arrivée officielle du printemps, n’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller puisque le printemps est la saison de l’espérance? Mais pourquoi y aurait-il un temps spécial pour s’émerveiller, n’y aurait-il pas lieu de s’émerveiller à chaque jour puisque chaque saison a son charme particulier? N’y a-t-il pas dans notre quotidien de quoi s’émerveiller? Se pourrait-il que nous ayons perdu ce sens de l’émerveillement?

 

Pourquoi est-il si difficile de s’émerveiller, d’accueillir ce qui est beau, ce qui est grand comme ce qui est fragile? Si nous en sommes rendus là c’est que nous voulons tout rationaliser, tout expliquer au lieu de tout simplement se laisser porter par ce qui nous entoure. Pour pouvoir s’émerveiller il faut être amoureux de notre quotidien, sinon nous passerons à côté de tout ce qui est beau. Alors, au lieu  d’admirer les beautés qui nous entourent nous serons portés à voir ce qui est moins beau. S’émerveiller c’est voir l’invisible, c’est voir au-delà de ce qui est physiquement présent. Il faut être comme l’enfant qui ne questionne pas, mais qui se laisse tout simplement porter par ce qu’il voit. Il est donc important de laisser monter l’enfant qui est en nous, parce que quel que soit l’âge que nous ayons, l’enfant en nous est toujours présent.

 

Nous avons mille raisons de nous émerveiller, c’est le printemps qui arrive. Bientôt apparaîtront les premières fleurs, les bourgeons éclateront sous nos yeux. Saurons-nous simplement les contempler, saurons-nous laisser monter en nous ces sensations de bien-être que procurer le bruissement de l’eau qui coule d’un petit ruisseau ? Pourrons-nous faire taire en nous tous ces questionnements, toutes ces préoccupations quotidiennes pour simplement être là comme l’enfant devant la mare d’eau?

 

Nous ne devons pas seulement nous émerveiller devant les choses, nous devons aussi nous émerveiller devant les personnes. Chaque personne porte en elle de quoi nous émerveiller. Ce n’est pas devant son habillement ou sa coiffure que nous devons nous émerveiller, mais devant ce qu’elle est. S’émerveiller devant une personne, c’est lui donner le droit d’exister, c’est la rendre plus humaine.

 

‘Un homme qui admire, un homme qui s’émerveille, c’est un homme qui ne se limite plus à des choses matérielles…’ M. Zundel, L’humble Présence, p.30

 

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