Quand le message chrétien devient un enjeu politique

Publié le par Albert Dugas

 
Dans son encyclique, Ut unum sint, au paragraphe 12 Jean-Paul II mentionnait qu’il accepte de discuter de son rôle et demande pardon au nom destitulaires de cette fonction s’ils ont contribué à la division de l’Église. Il était certain conscient de la manière dont les événements se sont passés avant que Rome obtienne la suprématie sur tous les évêques. C’est une longue histoire, j’en relate les principaux moments.
Tout la question part à partir de l’interprétation de ce passage de Matthieu :
 
"Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église." Mt. 16, 18ss.
 
A partir de ce passage deux conceptions surgissent, mais pas avant le 4e siècle. Jusque là l’interprétation de ce passage n’allait pas dans le sens d’une papauté romaine forte dotée d’une suprématie sur tous les évêques et les Églises de la chrétienté mais était interprété sous de concept de "Primus inter pares" ce qui veut dire premier entre les égaux où la collégialité doit constituer le vrai pouvoir, la vraie suprématie.
 
Ce verset n’était pas interprété dans le sens qu’il s’adressait à la personne de Pierre mais bien à sa confession de foi. Même Saint Augustin dans son ecclésiologie dira : "Si donc l’Église est fondée sur Pierre, ce n’est pas sur sa personne mais sur sa foi. Il n’est pas dit de lui : tu es le rocher mais tu es Pierre, Car le rocher, c’est le Christ". (p. 437-438).
Mais à l’époque naît une tension politique entre l’Occident et l’Orient, ce qu’on dirait aujourd’hui une guerre de pouvoir, cela conduira à la rupture entre l’Orient et l’Occident. Cependant, à ce moment, seul l’empereur Constantin peut porter le titre de "Pontifex maximus" : Pontif suprême.
 
Après plusieurs conciles ou Rome revandiquait la suprêmatie dur toutes les autres Églises, les liens sont rompus et Rome proclame sa suprêmatie sur toutes les Églises.
 
Impossible d’en arriver à un accord la division se créée et dure encore aujourd’hui. Pour l’Église d’Orient et pour les Églises protestantes, il est impossible qu’un seul homme puisse parler au nom de tous les chrétiens. Voilà une profonde déchirure à l’intérieur des Églises chrétiennes.
 
J’étais heureux d’entendre Monsieur le cardinal Turcotte, archevêque de Montréal mentionner dans une entrevue à la radio que cette division est plus politique que dogmatique.
 
À vous de faire votre propre recherche et de tirer vos conclusions sur ce sujet. Bonne recherche !
 
  
 
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Publié dans espace-vie

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