Un temps d’intériorisation

Publié le par Albert Dugas

 
 
Mercredi des Cendres, début d’un pèlerinage à l’intérieure de soi, le Carême. À lire l’évangile d’aujourd’hui (Mt 6,1-6.16-18) on croirait qu’il ne faut absolument pas manifester notre foi à l’extérieur. «Évitez d’agir devant les hommes…Quand tu fais l’aumône que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite…» Quand tu jeûnes…quand tu pries, que tout demeure secret. Mais je crois qu’il faut donner un autre sens à ces paroles. Il faut faire le lien avec ce passage : «Déchirez vos cœurs et non vos vêtements.» Le cœur, c’est ce qu’il y a de plus intime, le vêtement c’est ce qui est à l’extérieur. Je crois que ce texte nous invite à aller à l'intérieur de soi. Ce qui compte c'est ce qui est en soi et non ce qui paraît en dehors de soi.
 
Donc, avec cette entrée en Carême, déchirons nos cœurs. Avec Jésus au désert, entrons en ce qu’il y a de plus intime en nous pour rencontrer le Christ, pour changer ce qui doit être changé, la conversion, pour améliorer ce qui est déjà bien. Entreprenons ce Carême comme un pèlerinage intérieur. Au bout du chemin nous rejoindrons Pâques, le Christ ressuscité qui nous conduit vers notre propre Pâques. Je nous souhaite une bonne montée vers Pâques.
 
Je vous invite à donner vos commentaires sur les lectures du jour. Peu importe ce que je dis dans ma réflexion. J’aimerais entendre ce qui vous touche dans les lectures du jour, ce peut être un mot, une phrase. Merci!
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Publié dans Réflexion biblique

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N
Bonjour,<br /> Concernant le premier point, j'avais précisé le contexte. Je viens de quitter ma paroisse : elle ne laisse pas de place aux jeunes. Je passe ainsi d'une eucharistie quotidienne à plus rien... Je voulais juste dire que dans cette période de rupture, il est réconfortant de lire que le plus important n'est pas la prière collective, mais celle individuelle... même si ça ne résoud pas l'absence de communion. Quant à la communauté, je ne nie pas l'importance du soutien de l'Eglise... mais réduire l'Eglise aux grenouilles de bénitier rencontrées en paroisse est une erreur. <br /> Concernant le second point, je trouve pertinent votre lien entre don et relation. Mais en association, je rencontre des personnes qui refusent cette relation et  qui sont tellement gênées d'accepter l'aide qu'on leur donne qu'elles repartent la tête basse. Même "bonjour" et "au revoir", elles ne disent pas. Ce n'est pas une généralité (heureusement). J'en viens parfois moi aussi à être gênée face à elles : être dans une situation plus aisée que la personne à laquelle on donne (argent, temps, etc.) peut rendre la relation difficile, voire la fausser. C'était en me focalisant sur ces personnes-là que j'avais écrit mes précédentes interventions sur le sujet. Mais vous avez raison : la majorité sont ouvertes à cette relation et ce serait un tort de s'en priver.<br /> Vous n'avez pas à demander pardon quand vous n'êtes pas de mon avis : je ne me considère pas comme une référence ;-)
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M
Deux observations concernant le premier commentaire de Nova :<br /> 1°) Attention aux contresens (pardon Nova) dans la compréhension des textes de l'Ecriture! Quand Jésus nous demande de prier dans le secret, il ne nous demande pas de ne plus aller à l'Eglise! Jésus, en bon juif qu'il était, s'est lui-même toujours rendu à la synagogue pour prier avec ses frères, et il n'a jamais exorté quiconque à cesser de le faire! Et lorsqu'il institua l'Eucharistie le soir du Jeudi Saint, il dit à la communauté des disciples rassemblés autour de lui : "faites-cela en mémoire de moi". Si ça ce n'est pas un commandement...<br /> Ce contresens me paraît révélateur en tout cas... de ce que la sincérité du coeur ne peut pas précisément primer sur la communauté! On ne peut être chrétien tout seul. On a besoin de l'Eglise pour vivre sa foi, en relation d'amour et de fraternité avec les autres, comme on a besoin de l'Eglise pour comprendre ce que Jésus nous enseigne à travers les paroles de l'Evangile. Sans l'aide et le soutien de l'Eglise, on peut faire dire n'importe quoi à la Bible, et même la retourner contre le Christ lui-même, comme Satan s'y employa au désert...<br /> 2°) Sur le donateur qui devrait rester caché du pauvre... je rejoins coplètement Albert (encore pardon Nova!). Car ce qui importe dans le don, ce n'est pas tant le bien que je vais offrir que la relation qu'il va permettre de nouer avec la personne du pauvre. L'homme ne vit pas seulement de pain... mais aussi de sourires, de gestes affectueux, de considération, de paroles bienveillantes et amicales... Donner une pomme, c'est bien, mais aimer, c'est aussi se donner soi-même. Et c'est cela, à la vérité, le difficile.
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N
Au lieu de "une solution" lire "la solution"
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N
En fait, il s'agit plus que d'un problème d'institutions. En cette période de carême où l'on est censé se priver pour donner plus que d'habitude, j'en fais un problème personnel : comment vais-je donner sans blesser, sans humilier ? Comment vais-je choisir là où je vais donner ? Selon quels critères ? Comment vais-je donner sans demander à la personne qui va recevoir de s'humilier au préalable pour me montrer son besoin ? Comment vais-je aller vers l'autre sans lui (ou me) donner l'impression que j'ai du pouvoir sur lui ? La période de carême fait resurgir toutes ces questions car carême et don vont de paire... L'aumône en secret dont parle Jésus est sans doute une solution, mais son application n'est pas simple... surtout pour le don de temps. Donner sans montrer à l'autre que l'on donne.
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A
Bonjour, pour moi donner ne veut pas nécessairement dire de l'argent, cela peut être sous forme de bénévolat, d'écoute d'une personne en difficulté, d'une visite à une personne seule et jusqu'au simple sourir que je fais à une personne. Donner c'est être présent aux autres.<br /> Dans l'article de demain;«Seigneur, ne me délivre pas de mes idoles» je termine en parlant du jeûne: Jeûner de soi-même, pour être plus présent aux autres. Cela traduit un peu ma vision.<br /> Merci de vos interventions, cela alimente la réflexion.
N
Ayant récemment claqué la porte de ma paroisse, ce qui m'interpelle le plus dans la lecture du mercredi des cendres, ce sont les versets sur la prière : "Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes [...] Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret." Jésus ne nous commande pas de faire sonner les cloches à toute volée avant la prière collective. Il ne nous commande pas non plus d'aller prier à l'église. Le plus important n'est pas la communauté, mais la sincérité du coeur. <br /> Je suis aussi interpellée par les versets qui parlent de faire l'aumone en secret. Je les comprends comme un secret par rapport aux autres... mais aussi par rapport à la personne qui reçoit... afin de laisser la première place à Dieu qui agit par nos mains. Cette humilité par rapport à la personne qui reçoit est très difficile, malgré toutes les bonnes intentions qui peuvent animer le donneur. On peut prendre comme exemple les oeuvres caritatives dans lesquelles des bénévoles apportent de l'aide aux plus démunis. Malgré tout, ça reste le riche qui donne au pauvre : c'est le riche qui décide s'il va donner ou pas, ce qu'il va donner, à qui il va donner. Si le pauvre n'est pas venu avec les bons papiers, le riche ne lui donne pas l'aide qu'il est venu chercher. Le riche ne donne au pauvre que s'il est capable de justifier sa misère. Le riche est toujours en position de force : son argent lui donne un pouvoir décisionnel. <br /> Le problème de l'aumône en secret est très complexe. Je trouve que déposer une pomme à côté d'un mendiant qui dort sur un banc et s'éloigner sur la pointe des pieds pour ne pas le réveiller est un don beaucoup plus beau que la distribution de colis alimentaires (par exemple) de certaines oeuvres caritatives... même si c'est peut-être moins efficace à long terme... mais juger de l'efficacité de ce petit don n'est-ce pas douter de celle de Dieu ? N'est-ce pas douter que le plus important doit venir de Dieu et non de nous ?<br /> Ce que j'aime dans le don aux pauvres que nous suggère la période de Carême, c'est qu'il résulte d'une privation et non à proprement parler d'un superflu.  <br /> De manière plus générale, j'ai l'impression que l'évangile du mecredi des cendres donne raison à ceux qui affirment que la religion doit rester du domaine du privé, du caché, du secret, de l'intérieur.
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A
Bonjour, je vous remercie de votre commentaire que je trouve très pertinent. La partie que vous développez sur le don est, à mon avis , très intéressante. Celui qui possède semble toujours avoir le dessus sur celui qui ne possède pas. Nos institutions ne sont pas assez conscientes de ce fait.<br /> Pour ce qui est de la pratique je crois qu ele temps est passé où l'on se promenait dans les rues ostensiblement.