L’bon *djeu nous a abandonné.
Lire Esdras (6, 7-8.12b.14-20)
J’étais de passage dans un petit village où l’église devait fermer. Je me suis arrêté pour écouter les propos des gens du village qui étaient très peinés de la situation. Chacun y allait de son commentaire : «Comment pourra-t-on prier avec pas d’église?» ou «Encore qu’est-ce que l’évêque a dans la tête de nous faire un pareil coup, où est-ce qu’il pense qu’on va prier ? » Un des plus anciens répondit : «C’est bien simple, c’est comme si le bon Dieu nous avait abandonnés. »
Il est évident que la perte d’un lieu de culte est toujours un deuil, mais il est aussi évident que tous ces gens n’étaient pas conscients que Dieu, le Christ n’est pas confiné à une bâtisse. Pour beaucoup de chrétiens cette mentalité persiste encore comme au temps de l’Ancien Testament où il n’était possible de rencontrer Dieu que dans le temple de Jérusalem. Notre Temple c’est le Christ, nous n’avons pas besoin d’une bâtisse pour cela. Nous sommes l’Église et la bâtisse n’est qu’un lieu de rassemblement, utile, oui mais pas obligatoire. Les premiers chrétiens n’avaient pas de Temple. En Acadie après la déportation, nos ancêtres n’avaient pas d’église, pourtant ils se rassemblaient pour prier sans prêtres ni église.
Soyons conscients que notre rencontre avec Dieu n’est pas conditionnée à un lieu physique.
*En Acadie les anciens disaient djeu au lieu de
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