Se convertir, c'est…

Publié le par Albert Dugas

 
 
Durant le temps du Carême nous entendons souvent dire qu’il fau t se convertir, c’est un temps de conversion. Le mot convertir vient du grec, c’est le metanoia qui veut dire; changement d’esprit, la transformation du cœur et du comportement. La conversion c’est aller vers soi, à la dimension du cœur, si ça ne passe pas par là, il n’y a pas de véritable conversion. Se convertir c’est faire appel à sa conscience et cela veut dire faire des choix.
 
Souvent quand on parle de conscience les gens d’Église et les chrétiens qui se considèrent dans la vérité diront, faire appel à sa conscience, oui, mais il faut avoir une conscience éclairée. Pour eux une conscience éclairée c’est penser, agir et faire ce que l’Église dit. Cela ne veut pas dire qu’il faut rejeter la loi de l’Église, mais qu’il faut être fidèle à l’Esprit qui habite en chacun de nous et ne pas s’attacher à la loi. Je conviens qu’il faut tenir compte des éclairages de l’Église, mais il faut aussi faire son propre discernement. Si Jésus avait mis le concept de conscience éclairée, il n’aurait jamais pu être fidèle à sa mission. Il aurait été semblable aux Scribes et aux Pharisiens qui mettaient la sécurité de leur salut dans la loi. En obéissant à la loi, ils étaient en contrôle, mais le contrôle est dans la tête et non dans le cœur. La conversion elle, vient du cœur.
 
Jésus dénonce l’attitude des Pharisiens parce qu’il sait que cette façon de voir empêche de percevoir avec le cœur, de se convertir, et n’apporte aucun changement dans les comportements. Cette fausse sécurité de la loi peut nous empêcher de rencontrer un Dieu personnel, car elle nous conduit au cérébral et rarement au cœur. Pour se rendre au cœur, il faut accepter d’abandonner cette sécurité comme Jésus l’a fait, comme Marie l’a fait quand elle a prononcé son fiat.
 
«Si vous êtes conduit par l’Esprit, vous n’êtes plus soumis à la loi.» (Ga 5,18)
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Publié dans espace-vie

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Cet après-midi, j'ai visionné une vie d'Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites. J'y vois des parallèles avec votre contribution du jour. Pour Ignace, l'obéissance était le voeux le plus important. Pas de liberté sans obéissance : il s'agit de renoncer à sa volonté propre, mais aussi de faire sienne la volonté de la personne à laquelle on obéit. "Non pas ce que je veux mais ce que tu veux", disait Jésus à Gethsémani. Ce n'est pas une démission mais un acte suprême d'amour. <br /> Pourtant, cette anecdote... Lorsque les premiers Jésuites vivaient à Rome, il fallait faire un mur pour rejoindre leur petite maison et une église. Ignace ordonna que tous les novices participent à sa construction. Puis, il remarqua un novice qui s'arrangeait pour tj travailler le dos à la rue. Il alla engueuller le chef des novices : "ce jeune novice vient d'une famille riche, il a honte de se montrer réduit à maçonner. Pourquoi lui avez-vous dit de faire ce mur? Ce n'est pas pour lui." Le chef des novices lui fait remarquer que c'était son ordre. Et Ignace de répondre : "c'était à vous de vous apercevoir que c'était trop dur pour lui". Ainsi malgré l'importance qu'Ignace accordait à l'obéissance, la loi et l'ordre ne devaient jamais supprimer le discernement...
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