LAbbé Pierre sans polémiquer, mais une constatation
Bonjour, je dépose cette lettre que le groupe Jonasà publié. Si vous ne connaissez pas ce groupe constitué de prêtres et de laïcs, je vous invite à vous rendre sur leur site.
| LETTRE JONAS N° 159 | |
| http://www.groupes-jonas.com/neojonas/ | en date du 31 janvier 2007 |
:
Jonas a toujours prêté attention au périple de l’Abbé Pierre. Bon nombre de membres de Jonas, que ce soit sur le terrain paroissial, dans les mouvements ou autres organisations connaissent de près « les Emmaüs » et les soutiennent. Certains ont entendu la petite phrase de l’abbé qui a tout déclenché : « Cette nuit une femme est morte de froid…. »
Après les funérailles officielles un membre de Jonas écrit : « Je crains toujours les envolées officielles, lyriques à souhait et à la mesure des intérêts institutionnels évidemment. » et de citer Le Canard enchainé :
« Lorsqu’un journaliste de VSD interroge Mgr Vingt-Trois à propos du livre de l’abbé Pierre où il avoue avoir succombé au péché de la chair, l’archevêque de Paris parle "d’exhibitionnisme" et de "pactole éditorial". Heureusement pour l’Eglise, précise-t-il, "un pompier pyromane ne discrédite pas pour autant le corps des pompiers".
Quant aux allégations scandaleuses de l’abbé Pierre sur le désir sexuel de Jésus, il affirme : "Qu’est-ce qu’il en sait l’abbé Pierre, si Jésus était habité du désir sexuel ? Il était avec lui, à cette époque ?". Comme le fait judicieusement remarquer le Canard enchaîné, Mgr Vingt-Trois "n’était pas là non plus pour prouver le contraire".
abbé Pierre sur le désir sexuel de Jésus, il affirme : "Qu’est-ce qu’il en sait l’abbé Pierre, si Jésus était habité du désir sexuel ? Il était avec lui, à cette époque ?". Comme le fait judicieusement remarquer le Canard enchaîné, Mgr Vingt-Trois "n’était pas là non plus pour prouver le contraire" »
Jacques NOYER en 2005, étant évêque d'Amiens lors de la parution du peit livre de l'Abbé Pierre "Mon Dieu Pourquoi" avait pris position par un texte dans le débat qui s'était instauré des évêques avaient été trés critiques, c'est le moins que l'on puisse dire par rapport à l'écrit en collaboration avec Frédéric Lenoir.
Aujourd'hui, à l'occasion du décès de l"Abbé Pierre Jacques Noyer écrit de nouveau dans Témoignage Chrétien - Semaine du 21 janvier :
Écrit intérieur : Il nous a tant éclairés
"Il n'a jamais caché sa foi chrétienne. Il n'a jamais refusé son titre de prétre. Il n'a jamais remis en cause son appartenance à l'Église catholique.Au contraire, il a fait confidence de cette intimité contemplative avec le Christ où il puisait son énergie. Il a montré sa fidélité à la simple prière des plus humbles des croyants. Il n'a jamais renié les exemples reçus dans sa famille lyonnaise et qui ont donné sens à sa vie.
Les foules lui rendent hommage. Les médias ne parlent que de lui. Les politiques de tous bords se rejoignent dans le respect. Les saltimbanques expriment une grave émotion en parlant de lui. Et les évêques? Et les Églises ? Je ne les ai pas encore entendus. Vais-je encore être, comme me le disait au téléphone l'abbé Pierre quand il a publié ses ultimes confidences, le seul évêque à le défendre ? Non, j'ai déjà entendu Jacques Gaillot. Et, j'en suls certain, avant même que ce papier ne soit publié, des voix bien plus solennelles que la mienne se seront faites entendre.
Mais ce n'est pas vers eux qu'on a tendu les premiers micros: on n'a pas jugé qu'ils étaient les plus proches, les plus concemés. On a redit plusieurs fois qu'il avait eu dans l’Église une parole libre et dérangeante.On a rappelé qu’il avait eu dans sa vie quelques faiblesses sexuelles. Est-ce pour cela que l’Église hésite à dire ses sentiments ? Non, je n'arrive pas à croire qu'on y cultiverait à ce point la peur de la sincérité et la sévérité pour le pécheur.
Ce qui gêne les gens d'Église, c'est qu'il est trop clairement un porteur d'Evangile. Il n'a jamais parlé au nom d'une Loi, mais il a regardé l'inconnu qui gisait dans le fossé. Il n'a pas prêché une doctrine. Il a invité à ouvrir les yeux sur ceux qui souffrent et à laisser monter en nous la révolte de notre coeur. Il n'a jamais défendu une institution, mais il a aimé des personnes concrètes. Il ne demandait pas aux chretiens d'étre chrétiens; il demandait aux hommes d'être des hommes.
Il n'a jamais refusé la politique, ni la charité, ni les médias, ni la notoriété, ni même la violence, mais il n'a jamais laissé son objectif s'enliser dans ces marécages. Il était une conscience, éveilleuse de conscience. Ni une bonne conscience parce que jamais satisfaite, ni une mauvaiæ parce que jamais désespérée. Une conscience! Un peu comme le Christ venant dans ce monde éclairer tous les hommes. Et s'il lui est arrivé d'avoir des paroles discordantes sur le célibat des prétres, I'homosexualité, le préservatif et d'autres sujets, ce n'est pas au nom d'une théologie. C'est parce qu'il avait rencontré des hommes malheureux, des âmes écrasées dans leurs secrets, des malades désespérés. Peuton souhaiter que les gens d'Église entendent à travers lui, à travers les générosités qu'il a fait lever, à travers l'émotion des plus humbles, I'appel à une Église « servante et pauvre», comme on disait au temps du Concile. Car c'est bien ce qui s'est esquissé alors: on a ouvert les fenêtres pour voir la réalité du monde. On a prété l'oreille à ce que les hommes attendaient. On a prféré, aux subtilités de la doctrine, le dialogue et le service. L'Évangile ne nous dit-il pas que la Loi est inscrite au cceur de tout homme et que la rencontre de l'autre, particulièrement du pauvre, du prisonnier, du malade, de l'abandonné, est capable de la faire surgir sans même que le nom de Jésus ne soit prononcé?
De Coluche aux frères Legrand,l'abbé Pierre a déjà des successeurs pour réveiller la conscience de tous devant la misére de nos fréres. Y aura-t-il quelqu'un pour aider l'Église à sortir de sa bonne ou de sa mauvaise conscience, afin de rester,comme elle l'a souvent été, un des lieux où s'éveille la conscience de l'homme? "
Jonas pose alors la question : Pourquoi revenir sur ces choses ?
Parce que une fois de plus et c'est le constat : il est remarquable combien les institutions quelles qu’elles soient ont des réticences à accueillir des orientations nouvelles et ce qui sort du « ronron » quotidien.
Pourtant on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres !
JONAS avec son amitié à tous.
Publicité